Ce n'est pas la grande forme ce soir, j'ai du mal à pianoter sur mon clavier : la fièvre causée par la grippe secoue mon corps douloureux. J'accumule les fautes de frappe. Je pourrais donc me dispenser de poster, mais je ne veux pas laisser passer l'occasion d'écrire un billet en ce jour assez particulier : un 29 Février. Je n'avais pas pu le faire il y a quatre ans parce que mon premier blog débutait quelques jours plus tard, en Mars. Je ne sais pas si ce sera encore possible dans quatre ans parce que je n'ai aucun don de voyance. Poster un 29 Février restera peut-être, pour moi, un acte unique.
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Friday, February 29, 2008
Saturday, February 16, 2008
Dogbody photographies
Je ne sais plus si c'était en mai ou en juin 2007. Depuis, je gardais le souvenir d'un photoblog rédigé en russe, hébergé sur LiveJournal. Je l'avais placé dans mes bookmarks parce que les photos affichées étaient d'une qualité artistique exceptionnelle. Mais, comme je reformate régulièrement le disque dur de mon PC et que je ne prends pas toujours la peine de sauvegarder mes bookmarks, ainsi qu'un tas de données, comme mes adresses mails et ce genre de choses que j'estime d'une importance secondaire, j'avais perdu la trace de ce photoblog. Pourtant, les images que j'avais découvert restaient gravées dans ma mémoire, mais sans que je n'arrive à me souvenir du titre du blog, ni du nom de son auteur.
Au mois de novembre, je me suis inscrit sur LiveJournal quelques jours avant que Six Apart ne soit vendu à SUP, une entreprise internationale spécialisée dans les médias et basée à Moscou. C'est ce qui, de nouveau, m'a poussé à rechercher activement le photoblog dont je gardais un si bon souvenir. La recherche s'est avérée assez longue mais j'ai fini par le retrouver...
Son titre : Dogsbody. Son auteur : Natasha Zborovskaya-Sigawi.
J'ai écrit un petit mot à Natasha pour lui dire mon admiration pour son travail photographique, et depuis, je retourne régulièrement voir ses photos. Certaines de ses images de me font penser à celles de Josef Koudelka, un de mes photographes préférés.
Je pense que Dogbody est à ranger parmi les meilleurs photoblog que je connaisse et c'est pour cela qu'il entre aujourd'hui dans ma blogroll.
Au mois de novembre, je me suis inscrit sur LiveJournal quelques jours avant que Six Apart ne soit vendu à SUP, une entreprise internationale spécialisée dans les médias et basée à Moscou. C'est ce qui, de nouveau, m'a poussé à rechercher activement le photoblog dont je gardais un si bon souvenir. La recherche s'est avérée assez longue mais j'ai fini par le retrouver...
Son titre : Dogsbody. Son auteur : Natasha Zborovskaya-Sigawi.
J'ai écrit un petit mot à Natasha pour lui dire mon admiration pour son travail photographique, et depuis, je retourne régulièrement voir ses photos. Certaines de ses images de me font penser à celles de Josef Koudelka, un de mes photographes préférés.
Je pense que Dogbody est à ranger parmi les meilleurs photoblog que je connaisse et c'est pour cela qu'il entre aujourd'hui dans ma blogroll.
Saturday, February 2, 2008
Stranger a day
Hier, j'ai franchi un pas en inscrivant un premier lien dans ma blogroll : Stranger a day. C'est un site dont je n'ai pas perdu la trace depuis que je l'ai découvert, il y a environ 3 ans. Je prends toujours autant de plaisir à le parcourir.

Avec sa chambre photographique, Roark Johnson a réalisé un travail magnifique en capturant 365 images sur lesquelles posent des personnes qu'il ne connaissait pas et avec qui il a noué une relation, juste le temps de faire une photo.
C'est un des meilleurs photoblogs que je connaisse: il me réconcilie avec l'humanité chaque fois que je le visite.

Avec sa chambre photographique, Roark Johnson a réalisé un travail magnifique en capturant 365 images sur lesquelles posent des personnes qu'il ne connaissait pas et avec qui il a noué une relation, juste le temps de faire une photo.
Between January 1st, 2004 and December 31st, 2004 Roark Johnson photographed strangers, people he doesn't know once a day, every day. He's used an 8X10 Deardorff. Unlike Roark, it's a camera that commands attention, respect and awe.Ce soir, j'ai eu beaucoup de mal à choisir une des images de Roark pour illustrer son travail, car aucun de ces portraits ne s'affichent sans que s'amorce une certaine d'empathie pour celui ou celle qui pose face à la caméra.
C'est un des meilleurs photoblogs que je connaisse: il me réconcilie avec l'humanité chaque fois que je le visite.
Thursday, January 31, 2008
Nouvelle littérature ?
La création littéraire dans les blogues est rare. Les gens qui écrivent des poèmes pratiquent souvent l’écriture automatique et le font, la plupart du temps, de façon carrément maladroite. Loin de nous de prétendre qu’on ne peut trouver quelques perles rares dans cet océan - mais le fait reste qu’une grande majorité de blogues sont victimes de leur facilité.C'est la conclusion d'une étude menée par Valérie Cools et Alexandre Béland-Bernard au cours de l'été 2006. Ces deux universitaires ont cherché à déterminer si une nouvelle forme de littérature était en voie d’émerger à travers les blogues francophones. Ils ont répertorié 501 blogs, au total, et, en ont décrit 297.
Parmi les blogues de création littéraire intéressants, nous avons souvent trouvé qu’une volonté de "refaire" ce qui a déjà été fait en littérature : des romans-feuilletons sous forme de blogues, des "photo-romans", etc. Les blogues qui tentent d’exploiter les spécificités du médium ne sont que des exceptions.
Les enseignements, que ces deux chercheurs tirent de leur enquête suivie d'une analyse, collent parfaitement à l'idée que je me fais de la création littéraire sur les blogs: nulle ou quasiment nulle, malgré un nombre assez important de bloggers qui aimeraient être considérés comme de véritables auteurs de fiction romanesque.
Mais, malheureusement, pour V. Cools et A. Béland-Bernard, le constat est accablant: "Les billets semblent souvent improvisés, écrits à la sauvette, comme en témoignent les fautes de frappe, d’orthographe et de mise en page que nous avons trouvées, même dans les blogues d’écrivains ou d’écrivains aspirants. Nous avions souvent l’impression que les blogues servent littéralement de carnets de brouillons."
Hé bien, mis à part quelques très rares exceptions - car il m'est arrivé de lire quelques blogs dont les auteurs soignaient leurs publications -, je ne peux qu'être d'accord avec ce rapport universitaire.
Quand je pense que certains bloggers se montent la tête jusqu'à imaginer qu'il sont à deux doigts du prix Nobel de littérature parce que, régulièrement, dix crétins les encouragent par leurs commentaires à se prendre pour des génies... ça m'attriste.
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Thursday, January 24, 2008
Calme
Pour l'instant, toujours aucun lien dans la blogroll. C'est normal. Non pas parce que je penserais qu'aucun blog ne soit digne de figurer dans la sidebar, mais parce qu'il faudrait que j'entre dans le cycle des discussions en ligne, alors que je n'en ai toujours pas envie. Je suis même assez satisfait de ne pas avoir à répondre à des lecteurs qui auraient laissé, ici, une trace de leur passage sous forme de commentaire.
La premier commentaire auquel j'ai eu à répondre, c'était il y a 5 ans. Il avait été rédigé par Boris, sous une photo que j'avais postée la veille sur Flickr. Je m'en souviens comme d'un grand événement. J'étais très heureux de savoir qu'une de mes premières photos chargée sur ce site avait pu susciter une réaction. Mais je ne me rappelle plus du premier commentaire écrit sur mon premier blog. Je souviens seulement d'avoir bloggué plus d'un an, après avoir débuté en Mars 2004, sans que rien ne se produise. Comme je n'avais pas installé de statcounter, je ne savais même pas si ce blog recevait des visites. Mais ça ne m'empêchait pas d'écrire régulièrement, tout comme je le fais ici.
Bien sûr, je ne le faisais pas dans le même état d'esprit, que je ne le fais en ce moment, parce que mon regard sur le monde virtuel est différent de celui que je porte aujourd'hui sur les sites. Je sais que, pour moi, surfer ne produira plus maintenant autant de surprises, autant d'étonnement qu'en cette période. D'ailleurs, à cette époque, une ligne ADSL en 128 kb/s dissuadait rapidement de passer de nombreuses heures en ligne. Ce qui fait que j'avais de longues pauses entre chaque publication, car je passais beaucoup moins de temps à explorer la Toile dont l'étendue était bien moins vaste. Google n'était encore qu'un nouveau né.
Dans la journée, J'ai travaillé cinq ou six heures sur le graphisme d'un nouveau template. Je suis très content du résultat. Mais, je pense que je vais arrêter momentanément d'en créer d'autres.
La premier commentaire auquel j'ai eu à répondre, c'était il y a 5 ans. Il avait été rédigé par Boris, sous une photo que j'avais postée la veille sur Flickr. Je m'en souviens comme d'un grand événement. J'étais très heureux de savoir qu'une de mes premières photos chargée sur ce site avait pu susciter une réaction. Mais je ne me rappelle plus du premier commentaire écrit sur mon premier blog. Je souviens seulement d'avoir bloggué plus d'un an, après avoir débuté en Mars 2004, sans que rien ne se produise. Comme je n'avais pas installé de statcounter, je ne savais même pas si ce blog recevait des visites. Mais ça ne m'empêchait pas d'écrire régulièrement, tout comme je le fais ici.
Bien sûr, je ne le faisais pas dans le même état d'esprit, que je ne le fais en ce moment, parce que mon regard sur le monde virtuel est différent de celui que je porte aujourd'hui sur les sites. Je sais que, pour moi, surfer ne produira plus maintenant autant de surprises, autant d'étonnement qu'en cette période. D'ailleurs, à cette époque, une ligne ADSL en 128 kb/s dissuadait rapidement de passer de nombreuses heures en ligne. Ce qui fait que j'avais de longues pauses entre chaque publication, car je passais beaucoup moins de temps à explorer la Toile dont l'étendue était bien moins vaste. Google n'était encore qu'un nouveau né.
Dans la journée, J'ai travaillé cinq ou six heures sur le graphisme d'un nouveau template. Je suis très content du résultat. Mais, je pense que je vais arrêter momentanément d'en créer d'autres.
Wednesday, January 23, 2008
Phatique
Il est évident que les billets que je rédige en ce moment ne sont pas lus et ne le seront probablement jamais. Il ne seront pas lus tant que je n'aurais pas fait la promotion de ce blog, ne serait-ce qu'en allant commenter sur des blogs qui sont déjà assez fréquentés. Et, si je suis persuadé que ces premiers billets resteront lettres mortes à l'avenir, c'est parce que les bloggers ont généralement pour habitude de s'en tenir à la lecture du dernier billet posté. Trouver un commentaire sur une page qui n'est pas la première page du blog est quelque chose de tout à fait exceptionnel.
Je suppose que la plupart des lecteurs qui commentent le font avec l'espoir que leurs commentaires seront lus par un maximum de personnes. Ils ne commentent pas simplement pour ajouter une pierre à l'édifice des billets construits par l'auteur d'un blog. Ils ne le font pas pour relancer le processus discursif, analytique et compléter une réflexion sur un sujet ou un thème donné mis en place par le rédacteur.
Non. La plupart des bloggers commentent pour faire savoir qu'ils existent, qu'ils sont en ligne. Ce qui fait que, rapidement, même si l'auteur d'un blog avait initialement la ferme intention de faire passer de l'information, au bout de quelques temps, son blog ne sera plus alimenté que pour ses fonctions phatique et conative, faisant passer au second plan les fonctions référentielle et expressive, selon la classification de Roman Jakobson.
Quant à la fonction poétique des blogs, c'est certainement la chose la moins prise en compte par les bloggers qui restent sur les sentiers battus du langage et de la langue dans laquelle ils s'expriment. Très peu de bloggers ont une réelle connaissance de la poésie. La "poésie", telle que l'entend la majeure partie des rédacteurs en ligne, est certainement le domaine où l'on trouve la pire soupe de toute la bloggosphere francophone. Ce qui reflète, là encore, l'état désastreux de la culture française et met en lumière de terribles faiblesses sur le plan de l'imagination, du rêve, de l'ouverture au monde.
Je suppose que la plupart des lecteurs qui commentent le font avec l'espoir que leurs commentaires seront lus par un maximum de personnes. Ils ne commentent pas simplement pour ajouter une pierre à l'édifice des billets construits par l'auteur d'un blog. Ils ne le font pas pour relancer le processus discursif, analytique et compléter une réflexion sur un sujet ou un thème donné mis en place par le rédacteur.
Non. La plupart des bloggers commentent pour faire savoir qu'ils existent, qu'ils sont en ligne. Ce qui fait que, rapidement, même si l'auteur d'un blog avait initialement la ferme intention de faire passer de l'information, au bout de quelques temps, son blog ne sera plus alimenté que pour ses fonctions phatique et conative, faisant passer au second plan les fonctions référentielle et expressive, selon la classification de Roman Jakobson.
Quant à la fonction poétique des blogs, c'est certainement la chose la moins prise en compte par les bloggers qui restent sur les sentiers battus du langage et de la langue dans laquelle ils s'expriment. Très peu de bloggers ont une réelle connaissance de la poésie. La "poésie", telle que l'entend la majeure partie des rédacteurs en ligne, est certainement le domaine où l'on trouve la pire soupe de toute la bloggosphere francophone. Ce qui reflète, là encore, l'état désastreux de la culture française et met en lumière de terribles faiblesses sur le plan de l'imagination, du rêve, de l'ouverture au monde.
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Tuesday, January 22, 2008
Jargon
Il me faut 4 à 5 heures pour réaliser un template pour Blogger, aujourd'hui. Alors que la première construction, qui me sert de modèle maintenant, m'a demandé une vingtaine d'heures de travail. Ce n'était pas la première fois que je modifiais le design d'un template, mais je limitais ces modifications au remodelage du background, sans trop m'éloigner de la structure du template de Douglas Bauwman. Cette fois-ci, au niveau HTML, j'ai poussé les choses plus loin, ce qui me donne une plus grande liberté question graphisme. Hier, j'ai mis en place un quatrième template en ouvrant un blog de plus.
Je sais que l'utilisation de termes spécifiques, c'est à dire l'emploi d'un jargon, pour parler de programmation par le biais du langage HTML, peut hérisser le poil des puristes de la langue française, particulièrement, lorsque s'ajoutent à cela des termes en anglais qui sont parfaitement traduisibles. Mais je trouve que le terme "background" [fond], par exemple, est dans ce cas plus significatif que "fond d'écran", tout comme "template" [calibre] reflète mieux l'objet que "modèle de page".
Je retourne à ma tablette graphique et à mes outils de développement - j'utilise principalement HTML-Kit 292 - ce qui signifie que je ne décollerai pas de mon PC, mais que je vais évoluer encore dans un domaine proche du blogging. Ça frise la pathologie...
Je sais que l'utilisation de termes spécifiques, c'est à dire l'emploi d'un jargon, pour parler de programmation par le biais du langage HTML, peut hérisser le poil des puristes de la langue française, particulièrement, lorsque s'ajoutent à cela des termes en anglais qui sont parfaitement traduisibles. Mais je trouve que le terme "background" [fond], par exemple, est dans ce cas plus significatif que "fond d'écran", tout comme "template" [calibre] reflète mieux l'objet que "modèle de page".
Je retourne à ma tablette graphique et à mes outils de développement - j'utilise principalement HTML-Kit 292 - ce qui signifie que je ne décollerai pas de mon PC, mais que je vais évoluer encore dans un domaine proche du blogging. Ça frise la pathologie...
Sunday, January 20, 2008
Médiocrité
En relisant les billets précédents, je remarque que la vision que je donne des blogs peut paraître bien sombre. Si le regard que je porte sur la partie de la bloggosphere produite par des français est aussi sombre, c'est parce que je juge, globalement, de la même manière la culture française.
Les blogs ne font que refléter la culture d'une société donnée. Rien de pire ou de meilleur n'est produit sur le Net que ce que les individus produisent au quotidien, pour leur travail ou leurs loisir. Bien que toute la société ne soit pas représentée sur la Toile, les blogs et les sites personnels donnent tout de même une idée assez précise de l'état d'esprit collectif.
On sait que la société française est une société dans laquelle prime l'idée de hiérarchie. C'est certainement pour cette raison que l'on retrouve si fréquemment des bloggers qui tentent de se démarquer de la masse en affichant des performances, telle que le nombre de visiteurs, pensant prouver par là qu'ils seraient meilleurs que ceux qui cumulent moins de visites mensuelles ou annuelles. Mais ils ne prennent pas en compte que, pour établir une hiérarchie sur le critère de la fréquentation, il faut nécessairement produire le blog le plus médiocre possible. Et, ceci, indépendamment des moyens techniques qui permettent d'améliorer le classement opéré par les moteurs de recherches - des techniques que tout bon webmaster connaît.
Car, mis à part l'aspect mécanique du référencement, il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir le plus de chance de se retrouver en haut de l'échelle, il faut avant tout séduire le lecteur. Les médias audiovisuels ont su établir les meilleures recettes pour capter le maximum de spectateurs. Les bloggers doivent appliquer le même genre de stratégies pour faire augmenter leur lectorat. C'est à dire faire, par analogie, du TF1 ou du M6TV plutôt que du ArteTV. Je sais par expérience que, par exemple, l'emploi du terme "analogie", que je viens d'écrire à l'instant, coûte un certain nombre de points dans la course à l'audience. Ne parlons même pas de la longueur de mes billets : écrire plus de 100 mots à la suite équivaut à se tirer une balle dans le bras - on n'a pas besoin de pieds pour blogguer.
Croire que les blogs, dans leur ensemble, permettent de faire grimper le niveau culturel d'une population quelconque est une idée digne de Karl Marx qui imaginait que la conscience de classe passait par l'amélioration des accès aux savoirs. Ce qui s'est avéré complètement faux. La conscience de classe n'était réalisable que sur la base du ressentiment des ouvriers face à la bourgeoisie. La conscience de classe du blogger ne peut se fonder que sur le mépris ou la haine de la culture savante, lettrée.
Je reviendrai probablement sur ce dernier point qui concerne ce qui est le mieux partagé par la population française : le ressentiment.
Les blogs ne font que refléter la culture d'une société donnée. Rien de pire ou de meilleur n'est produit sur le Net que ce que les individus produisent au quotidien, pour leur travail ou leurs loisir. Bien que toute la société ne soit pas représentée sur la Toile, les blogs et les sites personnels donnent tout de même une idée assez précise de l'état d'esprit collectif.
On sait que la société française est une société dans laquelle prime l'idée de hiérarchie. C'est certainement pour cette raison que l'on retrouve si fréquemment des bloggers qui tentent de se démarquer de la masse en affichant des performances, telle que le nombre de visiteurs, pensant prouver par là qu'ils seraient meilleurs que ceux qui cumulent moins de visites mensuelles ou annuelles. Mais ils ne prennent pas en compte que, pour établir une hiérarchie sur le critère de la fréquentation, il faut nécessairement produire le blog le plus médiocre possible. Et, ceci, indépendamment des moyens techniques qui permettent d'améliorer le classement opéré par les moteurs de recherches - des techniques que tout bon webmaster connaît.
Car, mis à part l'aspect mécanique du référencement, il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir le plus de chance de se retrouver en haut de l'échelle, il faut avant tout séduire le lecteur. Les médias audiovisuels ont su établir les meilleures recettes pour capter le maximum de spectateurs. Les bloggers doivent appliquer le même genre de stratégies pour faire augmenter leur lectorat. C'est à dire faire, par analogie, du TF1 ou du M6TV plutôt que du ArteTV. Je sais par expérience que, par exemple, l'emploi du terme "analogie", que je viens d'écrire à l'instant, coûte un certain nombre de points dans la course à l'audience. Ne parlons même pas de la longueur de mes billets : écrire plus de 100 mots à la suite équivaut à se tirer une balle dans le bras - on n'a pas besoin de pieds pour blogguer.
Croire que les blogs, dans leur ensemble, permettent de faire grimper le niveau culturel d'une population quelconque est une idée digne de Karl Marx qui imaginait que la conscience de classe passait par l'amélioration des accès aux savoirs. Ce qui s'est avéré complètement faux. La conscience de classe n'était réalisable que sur la base du ressentiment des ouvriers face à la bourgeoisie. La conscience de classe du blogger ne peut se fonder que sur le mépris ou la haine de la culture savante, lettrée.
Je reviendrai probablement sur ce dernier point qui concerne ce qui est le mieux partagé par la population française : le ressentiment.
Saturday, January 19, 2008
Interactions
"M 56" commence à prendre de l'allure. Voici deux semaines que cette publication existe. Dans ma mémoire, mes anciens blogs occupent moins de place. Je commence à réaliser qu'ils ont disparu de la galaxie représentée par une myriade d'objets virtuels, généralement très faciles à identifier puisque beaucoup se ressemblent et entrent dans des catégories toutes faites : politique, humour, journal "intime", etc..
Je dois dire que mes blogs se démarquaient assez peu de la masse des blogs francophones et que j'abordais tous les sujets, tous les thèmes. La différence passait par le soin de la mise en page - webdesign, ergonomie, lisibilité, orthographe et syntaxe -, et, particulièrement, par mon refus obstiné d'adhérer à une communauté quelconque, avec un refus encore plus obstiné : celui de me faire un des relais de la doxa.
Ce que je tiens à préciser ce soir, c'est que ce n'est pas seulement le fait d'avoir changé de vie professionnelle et de lieu de résidence qui m'a poussé à détruire mes anciens blogs, mais que cela s'est produit lorsque j'ai vraiment pris conscience que de nombreux bloggers lisaient régulièrement et avec attention ce que je publiais. J'avais pu, auparavant, constater que la plupart des bloggers qui regroupent quelques lecteurs réguliers sont heureux d'avoir des "fidèles". Pire : que les "fidèles" en questions sont eux-mêmes honorés de porter ce titre. Cette conception de la relation inter-individuelle me révulse.
Pourtant, malgré moi, cette situation était en train de se produire. Comme je ne pouvais pas chasser, sans les blesser, ceux qui s'auto-proclamaient, "amis", "fidèles", "admirateurs", je n'avais pas d'autre solution, pour me soustraire au rôle de leader, que celle d'écraser mes blogs pour m'évanouir ensuite dans la bloggosphere.
C'est principalement pour cette raison que depuis le début de l'année, je n'ai signé aucun commentaire sous le nom de Simorgh, ne désirant pas encore faire connaître ce nouveau blog. Je réfléchis donc en ce moment aux liens que je vais pouvoir tisser, ainsi qu'à la forme des relations, des interactions que je souhaiterais avoir avec d'autres auteurs de blogs. Rien ne presse.
Je dois dire que mes blogs se démarquaient assez peu de la masse des blogs francophones et que j'abordais tous les sujets, tous les thèmes. La différence passait par le soin de la mise en page - webdesign, ergonomie, lisibilité, orthographe et syntaxe -, et, particulièrement, par mon refus obstiné d'adhérer à une communauté quelconque, avec un refus encore plus obstiné : celui de me faire un des relais de la doxa.
Ce que je tiens à préciser ce soir, c'est que ce n'est pas seulement le fait d'avoir changé de vie professionnelle et de lieu de résidence qui m'a poussé à détruire mes anciens blogs, mais que cela s'est produit lorsque j'ai vraiment pris conscience que de nombreux bloggers lisaient régulièrement et avec attention ce que je publiais. J'avais pu, auparavant, constater que la plupart des bloggers qui regroupent quelques lecteurs réguliers sont heureux d'avoir des "fidèles". Pire : que les "fidèles" en questions sont eux-mêmes honorés de porter ce titre. Cette conception de la relation inter-individuelle me révulse.
Pourtant, malgré moi, cette situation était en train de se produire. Comme je ne pouvais pas chasser, sans les blesser, ceux qui s'auto-proclamaient, "amis", "fidèles", "admirateurs", je n'avais pas d'autre solution, pour me soustraire au rôle de leader, que celle d'écraser mes blogs pour m'évanouir ensuite dans la bloggosphere.
C'est principalement pour cette raison que depuis le début de l'année, je n'ai signé aucun commentaire sous le nom de Simorgh, ne désirant pas encore faire connaître ce nouveau blog. Je réfléchis donc en ce moment aux liens que je vais pouvoir tisser, ainsi qu'à la forme des relations, des interactions que je souhaiterais avoir avec d'autres auteurs de blogs. Rien ne presse.
Baudruches
Il y a mille & une manières de tenir un blog, mais je me rends compte qu'il me faut, pour ma part, en distinguer principalement deux : blogger pour soi et blogger pour un lectorat. Bien entendu ces deux manières ne s'excluent pas l'une de l'autre. En rédigeant pour soi, on garde à l'esprit qu'en publiant ensuite sur le Net, il est probable que quelqu'un lise le texte. Même ceux qui prétendent rédiger un carnet intime n'écrivent certainement pas de la même façon depuis l'avènement du blog. D'autres écrivent avec l'espoir qu'ils seront lus par le plus grand nombre et perdent de vue qu'écrire, c'est avant tout écrire pour soi.
On écrit pour soi, même si on a l'intention de ne faire partager qu'une simple information. Puisque donner à lire telle chose et non telle autre, relève déjà d'un choix subjectif. Ce choix, qu'on le veuille ou non, dit quelque chose sur l'auteur de billet, même si celui-ci s'est bien gardé de se mettre en scène, d'exposer son opinion et ne relate que des événements sur le mode factuel ou transcrit des données scientifiques, des informations techniques, sportives, artistiques, politiques, etc..
Or, les blogs sont bien loin d'être écrits avec la volonté de faire passer la subjectivité de l'auteur en arrière plan. Généralement, c'est l'inverse qui se produit. La bloggosphere est l'endroit idéal pour muscler son ego. A un tel point qu'il est presque impossible d'échapper à cette forme de culturisme. D'autant plus, quand le blogger commence à fidéliser un certain nombre de lecteurs. Beaucoup ne sont pas préparés à encaisser le succès, quelqu'en soit sa forme et bien que ce succès soit très relatif. Aussi, on peut observer, agrippée sur la Toile, une quantité impressionnante de baudruches, les voir enfler et se débattre dans des situations risquées pour leur amour-propre, leur misérable construction identitaire reposant sur un blog et menaçant de s'écrouler à tout moment.
Allez, dites le moi, vous aussi vous en connaissez de ces bloggers pitoyables, ces gens qui se lancent dans une fuite éperdue pour se faire connaître, ceux qui courent après leur ombre virtuelle, n'est-ce pas ?
On écrit pour soi, même si on a l'intention de ne faire partager qu'une simple information. Puisque donner à lire telle chose et non telle autre, relève déjà d'un choix subjectif. Ce choix, qu'on le veuille ou non, dit quelque chose sur l'auteur de billet, même si celui-ci s'est bien gardé de se mettre en scène, d'exposer son opinion et ne relate que des événements sur le mode factuel ou transcrit des données scientifiques, des informations techniques, sportives, artistiques, politiques, etc..
Or, les blogs sont bien loin d'être écrits avec la volonté de faire passer la subjectivité de l'auteur en arrière plan. Généralement, c'est l'inverse qui se produit. La bloggosphere est l'endroit idéal pour muscler son ego. A un tel point qu'il est presque impossible d'échapper à cette forme de culturisme. D'autant plus, quand le blogger commence à fidéliser un certain nombre de lecteurs. Beaucoup ne sont pas préparés à encaisser le succès, quelqu'en soit sa forme et bien que ce succès soit très relatif. Aussi, on peut observer, agrippée sur la Toile, une quantité impressionnante de baudruches, les voir enfler et se débattre dans des situations risquées pour leur amour-propre, leur misérable construction identitaire reposant sur un blog et menaçant de s'écrouler à tout moment.
Allez, dites le moi, vous aussi vous en connaissez de ces bloggers pitoyables, ces gens qui se lancent dans une fuite éperdue pour se faire connaître, ceux qui courent après leur ombre virtuelle, n'est-ce pas ?
Friday, January 18, 2008
Design
Après les premiers billets consacrés à l'introduction de "M 56" dans la bloggosphere, je me suis occupé, ces derniers jours, à dessiner puis à encoder des templates pour la plate-forme Blogger, car c'est une réelle source de plaisir.
J'ai ouvert deux blogs pour mettre en ligne deux de mes templates. Ensuite, j'en ai créé un pour ce blog. Pourtant, j'avais l'intention de laisser "M 56" affiché sous un format réalisé par Douglas Bowman, fourni par Blogger. Mais, j'ai changé d'avis.
Vous me direz si ce design vous plaît ou non et si vous pensez que certaines choses peuvent être améliorées sur le plan de l'ergonomie de ce blog.
J'ai ouvert deux blogs pour mettre en ligne deux de mes templates. Ensuite, j'en ai créé un pour ce blog. Pourtant, j'avais l'intention de laisser "M 56" affiché sous un format réalisé par Douglas Bowman, fourni par Blogger. Mais, j'ai changé d'avis.
Vous me direz si ce design vous plaît ou non et si vous pensez que certaines choses peuvent être améliorées sur le plan de l'ergonomie de ce blog.
Tuesday, January 8, 2008
Conneries
Si vous avez lu le billet qui précède celui-ci, vous savez que je ne lance pas M 56, sans une certaine expérience en matière de blogging. Il apparaît d'ailleurs qu'il manque un terme à la langue française pour désigner cette activité dont toute la société a entendu parler, même si le nombre de ceux qui se sont essayés à publier en ligne reste très restreint. N'oublions pas que la France compte environ 20% d'illettrés parmi la population des adultes. Moins de la moitié des foyers français possède un ordinateur connecté sur le Net, alors qu'en Allemagne ou en Grande Bretagne 70% des foyers ont accès au Réseau.
Je reviens sur ces statistiques parce que la plupart des bloggers estiment qu'ils s'adressent à la nation entière lorsqu'ils mettent en ligne un billet. Alors, qu'en réalité, ils ne s'adressent qu'à une très faible partie de leurs concitoyens. Des concitoyens qui, d'un point de vue sociologique, ont, grosso modo, le même profil que ces bloggers qui imaginent délivrer un discours à la nation. Ceux qui rêvent de transformer la société, grâce à l'outil de communication que représentent les blogs et les forums, ont encore pas mal de chemin à parcourir. Surtout que les enquêtes, faites sur les habitudes des personnes qui ont accès au Net, démontrent que les internautes ne passent pas beaucoup de temps à lire en ligne, sinon pour avoir des informations concernant la vie pratique, comme les comparateurs de prix, les agences de voyages pour connaître les horaires, les sites institutionnels et, dernièrement, du côté des loisirs, les sites qui diffusent des vidéos. Si parmi mes blogs, qui aujourd'hui sont tous détruits, sur le plus fréquenté, celui qui se plaçait dans le top 1.000 des blogs généralistes de Wikio, je pouvais au mieux recenser quotidiennement une centaines de visiteurs - ce qui ne veut pas dire une centaine de lecteurs, loin de là - je vous laisse imaginer l'impact des 49.000 blogs classés sous le mien.
Pourtant, combien d'âneries ai-je pu lire au cours de ces dernières années concernant l'apport des blogs sur la plan culturel au niveau de toute la nation ? Je suis effaré par le nombre de bloggers qui pensent que leur billets sont décisifs quant à l'orientation de la marche du monde simplement parce que leurs misérables compteurs de visiteurs indiquent que, dans le mois, leur publication a été vue et non pas lue - j'insiste - 3.000 fois. Mais je suis atterré quand ces bloggers se félicitent orgueilleusement de recevoir des visites suite à des billets qu'ils n'ont pas composés, mais qui sont des reprises de publicités ou d'articles journalistiques pour lesquels ils ne se donnent même pas la peine de produire une analyse, une critique ou d'émettre leur point de vue. Combien de billets sans aucun apport au niveau de l'information, sans aucune valeur scientifique, artistique, poétique, etc. traînent sur la toile ? Certainement autant en nombre que ceux qui véhiculent des conneries, des rumeurs, de fausses informations, de la propagande ou de la publicité à peine déguisée.
Suite à cette rétrospective sur le blogging, vous comprenez peut-être mieux, ce qui pousse à vouloir se démarquer de la communauté des bloggers français, non ?
Je reviens sur ces statistiques parce que la plupart des bloggers estiment qu'ils s'adressent à la nation entière lorsqu'ils mettent en ligne un billet. Alors, qu'en réalité, ils ne s'adressent qu'à une très faible partie de leurs concitoyens. Des concitoyens qui, d'un point de vue sociologique, ont, grosso modo, le même profil que ces bloggers qui imaginent délivrer un discours à la nation. Ceux qui rêvent de transformer la société, grâce à l'outil de communication que représentent les blogs et les forums, ont encore pas mal de chemin à parcourir. Surtout que les enquêtes, faites sur les habitudes des personnes qui ont accès au Net, démontrent que les internautes ne passent pas beaucoup de temps à lire en ligne, sinon pour avoir des informations concernant la vie pratique, comme les comparateurs de prix, les agences de voyages pour connaître les horaires, les sites institutionnels et, dernièrement, du côté des loisirs, les sites qui diffusent des vidéos. Si parmi mes blogs, qui aujourd'hui sont tous détruits, sur le plus fréquenté, celui qui se plaçait dans le top 1.000 des blogs généralistes de Wikio, je pouvais au mieux recenser quotidiennement une centaines de visiteurs - ce qui ne veut pas dire une centaine de lecteurs, loin de là - je vous laisse imaginer l'impact des 49.000 blogs classés sous le mien.
Pourtant, combien d'âneries ai-je pu lire au cours de ces dernières années concernant l'apport des blogs sur la plan culturel au niveau de toute la nation ? Je suis effaré par le nombre de bloggers qui pensent que leur billets sont décisifs quant à l'orientation de la marche du monde simplement parce que leurs misérables compteurs de visiteurs indiquent que, dans le mois, leur publication a été vue et non pas lue - j'insiste - 3.000 fois. Mais je suis atterré quand ces bloggers se félicitent orgueilleusement de recevoir des visites suite à des billets qu'ils n'ont pas composés, mais qui sont des reprises de publicités ou d'articles journalistiques pour lesquels ils ne se donnent même pas la peine de produire une analyse, une critique ou d'émettre leur point de vue. Combien de billets sans aucun apport au niveau de l'information, sans aucune valeur scientifique, artistique, poétique, etc. traînent sur la toile ? Certainement autant en nombre que ceux qui véhiculent des conneries, des rumeurs, de fausses informations, de la propagande ou de la publicité à peine déguisée.
Suite à cette rétrospective sur le blogging, vous comprenez peut-être mieux, ce qui pousse à vouloir se démarquer de la communauté des bloggers français, non ?
Oublie
Quelques lignes plus bas, j'évoque un mensonge. J'aurais mieux fait de parler de falsification des faits. N'allez pas croire que je me livre à une confession dans le but de me racheter d'un sentiment de culpabilité. Non, c'est tout simplement parce que je sais que, par la suite, il me faudra tenir compte de cette falsification et ne pas l'oublier - sous peine de paraître ridicule, s'il m'arrivait, par inadvertance, de contredire ce que j'annonce dans mon premier post. Or, cela demande un effort, c'est à dire de rester vigilant à l'avenir. Autant se débarrasser, dès ce soir, d'une telle contrainte.
Donc, je rétablis, ici, la vérité : j'étais bien impliqué dans le système galactique des blogs, investi en Février 2004, et, je dois dire qu'un de mes blogs commençait à connaître une certaine notoriété. Une notoriété relative certes, avec un classement qui situait ce blog dans les 1.000 premiers sur les 50.000 blogs recensés par Wikio, mais un succès non négligeable.
C'est d'ailleurs cette position qui est à l'origine de ma volonté de repartir à zéro sur "M 56". Je n'appréciais pas de façon favorable que mes billets puissent avoir autant de répercussion sur la Toile, dans la zone qui regroupe les blogs produits par des français. Une zone qui n'est pas si étendue que l'on pourrait le penser.
En effet, dès que l'on fait abstraction des blogs de SkyRock et d'une montagne de blogs inactifs qui n'ont pas survécu au-delà d'une cinquantaine de posts - sinon moins - après la déferlante qui a eu lieu sur la bloggosphere il y deux ans, suite à un effet de mode, on se rend compte que le monde des blogs actifs français est assez restreint. C'est tout au plus une toute petite ville, à peine un grand village.
Vous savez comment circule l'information en vase clos, comment se développent les rumeurs et les rancoeurs dans un espace confiné, n'est-ce pas ? Ainsi, quand vous occupez une place qui commence à prendre un peu trop d'ampleur, ne croyez-vous pas qu'il est alors grand temps de se faire oublier ?
Donc, je rétablis, ici, la vérité : j'étais bien impliqué dans le système galactique des blogs, investi en Février 2004, et, je dois dire qu'un de mes blogs commençait à connaître une certaine notoriété. Une notoriété relative certes, avec un classement qui situait ce blog dans les 1.000 premiers sur les 50.000 blogs recensés par Wikio, mais un succès non négligeable.
C'est d'ailleurs cette position qui est à l'origine de ma volonté de repartir à zéro sur "M 56". Je n'appréciais pas de façon favorable que mes billets puissent avoir autant de répercussion sur la Toile, dans la zone qui regroupe les blogs produits par des français. Une zone qui n'est pas si étendue que l'on pourrait le penser.
En effet, dès que l'on fait abstraction des blogs de SkyRock et d'une montagne de blogs inactifs qui n'ont pas survécu au-delà d'une cinquantaine de posts - sinon moins - après la déferlante qui a eu lieu sur la bloggosphere il y deux ans, suite à un effet de mode, on se rend compte que le monde des blogs actifs français est assez restreint. C'est tout au plus une toute petite ville, à peine un grand village.
Vous savez comment circule l'information en vase clos, comment se développent les rumeurs et les rancoeurs dans un espace confiné, n'est-ce pas ? Ainsi, quand vous occupez une place qui commence à prendre un peu trop d'ampleur, ne croyez-vous pas qu'il est alors grand temps de se faire oublier ?
Monday, January 7, 2008
Mensonges
Après avoir relu les deux billets précédents, je m'interroge encore sur ce qui me pousse à vouloir de nouveau retrouver une place sur la bloggosphere.
Je suis très perplexe sur les avantages supposés de l'anonymat. Je sais que l'utilisation d'un pseudonyme permet a de nombreux bloggers de ne pas répondre de leurs écrits face à leur employeur, leurs employés, leurs élèves, leur famille, leurs amis, leurs voisins, mais alors pourquoi exprimer des points de vue, prendre des positions que l'on ne pourra pas assumer réellement ? En quoi peut être utile une prise de parole, si cette parole émane d'une sorte de double, d'un personnage virtuel, factice ?
Ça peut encore se concevoir pour un blogger qui se livrerait à la production d'un discours fictionnel, romanesque, mais lorsque c'est pour exprimer ses opinions, soumettre le monde à la critique, je n'arrive pas à comprendre comment on engage sa parole tout en restant anonyme. Quel bénéfice peut-on tirer en faisant parler un autre à sa place, surtout quand on tient à mettre en valeur ses idées, ses opinions, si l'on veut porter un jugement sur la société, son environnement ?
Je ne vois qu'une seule raison valable pour faire le choix de publier en ligne sous un nom d'emprunt : éviter d'avoir à dire la vérité, ne pas s'en tenir aux faits, pouvoir tordre la réalité ou le passé à son avantage, chercher à dissimuler des choses qui pourraient être ou devenir embarrassantes.
D'ailleurs, c'est bien parce que je publie sous un pseudonyme que je m'autorise à ne pas dire la toute la vérité sur le premier post de ce blog. Et c'est là que, mécaniquement, mon discours tombe dans le syllogisme élémentaire qui provoque une spirale sans fin pour le raisonnement. Spirale qui débute lorsqu'un menteur dit : "Je suis en train de vous mentir".
Vous en tirerez les conclusions que vous voudrez, mais je ne pense pas m'étendre plus longuement sur cette recherche de justifications pour masquer mon identité. Même si, vous l'avez deviné, cette histoire travaille ma conscience. Mais il est temps de dépasser cet aspect du blogging, la facette la moins rutilante des rédacteurs de blogs.
Je suis très perplexe sur les avantages supposés de l'anonymat. Je sais que l'utilisation d'un pseudonyme permet a de nombreux bloggers de ne pas répondre de leurs écrits face à leur employeur, leurs employés, leurs élèves, leur famille, leurs amis, leurs voisins, mais alors pourquoi exprimer des points de vue, prendre des positions que l'on ne pourra pas assumer réellement ? En quoi peut être utile une prise de parole, si cette parole émane d'une sorte de double, d'un personnage virtuel, factice ?
Ça peut encore se concevoir pour un blogger qui se livrerait à la production d'un discours fictionnel, romanesque, mais lorsque c'est pour exprimer ses opinions, soumettre le monde à la critique, je n'arrive pas à comprendre comment on engage sa parole tout en restant anonyme. Quel bénéfice peut-on tirer en faisant parler un autre à sa place, surtout quand on tient à mettre en valeur ses idées, ses opinions, si l'on veut porter un jugement sur la société, son environnement ?
Je ne vois qu'une seule raison valable pour faire le choix de publier en ligne sous un nom d'emprunt : éviter d'avoir à dire la vérité, ne pas s'en tenir aux faits, pouvoir tordre la réalité ou le passé à son avantage, chercher à dissimuler des choses qui pourraient être ou devenir embarrassantes.
D'ailleurs, c'est bien parce que je publie sous un pseudonyme que je m'autorise à ne pas dire la toute la vérité sur le premier post de ce blog. Et c'est là que, mécaniquement, mon discours tombe dans le syllogisme élémentaire qui provoque une spirale sans fin pour le raisonnement. Spirale qui débute lorsqu'un menteur dit : "Je suis en train de vous mentir".
Vous en tirerez les conclusions que vous voudrez, mais je ne pense pas m'étendre plus longuement sur cette recherche de justifications pour masquer mon identité. Même si, vous l'avez deviné, cette histoire travaille ma conscience. Mais il est temps de dépasser cet aspect du blogging, la facette la moins rutilante des rédacteurs de blogs.
Sunday, January 6, 2008
Ombre
Je ne suis pas surpris de ne trouver aucun commentaire sous le billet rédigé il y a deux jours, maintenant. Je n'ai entrepris aucune démarche pour faire savoir que je venais de créer un nouveau blog. J'ai pourtant commenté sur quelques blogs, depuis l'ouverture de "M 56", mais sous mon identité réelle. J'avais fait le choix de ne pas signer sous un pseudonyme dès l'ouverture de mon premier blog, début 2004, et, en ouvrant mon second blog, j'avais encore choisi de ne pas masquer mon patronyme.
Je pensais, et je pense encore, que bloguer sans avancer masqué force à donner une image de soi qui colle au plus près de l'image que l'on voudrait présenter dans la vie au quotidien. Je crois que cela pousse aussi à mieux tenir compte de ses propres obligations envers ses lecteurs. Bien sûr, comme je n'ai pas expérimenté le blogging sous anonymat, je ne peux pas me prononcer sur les avantages qu'il y a à rester tapis dans l'ombre. C'est, en particulier, pour expérimenter cette manière de se produire sur la bloggosphere que j'ai opté pour un pseudo en ouvrant ce blog. Bien entendu, je sais par expérience - ne serait-ce que pour avoir démasqué des blogueurs qui n'étaient pas aussi à l'abri qu'ils ne l'espéraient - que l'anonymat reste quelque chose d'assez illusoire.
C'est pour cette raison que je ne prends que très peu de précautions pour planquer mon identité puisque je suis persuadé que faire des efforts dans ce sens, c'est perdre son temps. Il faudrait, au préalable que je modifie ma façon d'écrire, jusqu'à la graphie de certains termes que la plupart des rédacteurs en ligne ne rédigent pas sous la même forme que moi. Mais changer de "style" représente trop de contraintes : ça me demanderait d'être beaucoup trop vigilant pour que les indices fournis sur mes billets soient le plus possible réduits en nombre.
Je reviendrai sur ce sujet plus tard. Je vous laisse deviner ce qui motive le fait que, cette fois-ci, pour tenir ce troisième journal en ligne, je ne veuille pas donner mon nom.
Je pensais, et je pense encore, que bloguer sans avancer masqué force à donner une image de soi qui colle au plus près de l'image que l'on voudrait présenter dans la vie au quotidien. Je crois que cela pousse aussi à mieux tenir compte de ses propres obligations envers ses lecteurs. Bien sûr, comme je n'ai pas expérimenté le blogging sous anonymat, je ne peux pas me prononcer sur les avantages qu'il y a à rester tapis dans l'ombre. C'est, en particulier, pour expérimenter cette manière de se produire sur la bloggosphere que j'ai opté pour un pseudo en ouvrant ce blog. Bien entendu, je sais par expérience - ne serait-ce que pour avoir démasqué des blogueurs qui n'étaient pas aussi à l'abri qu'ils ne l'espéraient - que l'anonymat reste quelque chose d'assez illusoire.
C'est pour cette raison que je ne prends que très peu de précautions pour planquer mon identité puisque je suis persuadé que faire des efforts dans ce sens, c'est perdre son temps. Il faudrait, au préalable que je modifie ma façon d'écrire, jusqu'à la graphie de certains termes que la plupart des rédacteurs en ligne ne rédigent pas sous la même forme que moi. Mais changer de "style" représente trop de contraintes : ça me demanderait d'être beaucoup trop vigilant pour que les indices fournis sur mes billets soient le plus possible réduits en nombre.
Je reviendrai sur ce sujet plus tard. Je vous laisse deviner ce qui motive le fait que, cette fois-ci, pour tenir ce troisième journal en ligne, je ne veuille pas donner mon nom.
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