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Monday, July 14, 2008

Hot Dogs

La viande de chien, servie dans certains restaurants de Pékin mais rarement, sera interdite pendant les Jeux olympiques pour éviter de heurter la sensibilité des visiteurs étrangers. Cette interdiction s'appliquera, du 8 au 24 août, dans les 112 restaurants "olympiques".

Friday, June 6, 2008

Oisif

On a l'habitude de dire que l'oisiveté est la mère de tous les maux. On recommande le travail pour empêcher le mal. Mais aussi bien la cause redoutée que le moyen recommandé vous convaincront facilement que toute cette réflexion est d'origine plébéienne. L'oisiveté, en tant qu'oisiveté, n'est nullement la mère de tous les maux, au contraire, c'est une vie vraiment divine lorsqu'elle ne s'accompagne pas d'ennui. Elle peut faire, il est vrai, qu'on perde sa fortune, etc. ; toutefois, une nature patricienne ne craint pas ces choses, mais bien de s'ennuyer. Les dieux de l'Olympe ne s'ennuyaient pas, ils vivaient heureux en une oisiveté heureuse. Une beauté féminine qui ne coud pas, ne file pas, ne repasse pas, ne lit pas et ne fait pas de musique est heureuse dans son oisiveté ; car elle ne s'ennuie pas. L'oisiveté donc, loin d'être la mère du mal, est plutôt le vrai bien. L'ennui est la mère de tous les vices, c'est lui qui doit être tenu à l'écart. L'oisiveté n'est pas le mal et on peut dire que quiconque ne le sent pas prouve, par cela même, qu'il ne s'est pas élevé jusqu'aux humanités. Il existe une activité intarissable qui exclut l'homme du monde spirituel et le met au rang des animaux qui, instinctivement, doivent toujours être en mouvement. Il y a des gens qui possèdent le don extraordinaire de transformer tout en affaire, dont toute la vie est affaire, qui tombent amoureux et se marient, écoutent une facétie et admirent un tour d'adresse, et tout avec le même zèle affairé qu'ils portent à leur travail de bureau.
Sören Kierkegaard

Tuesday, May 13, 2008

Meilleur

Je vois ma vie d’une façon … Je vais vous l’expliquer, OK? La plus grande chose à propos de demain est que je serai meilleur que je le suis aujourd’hui. Et c’est ainsi que je vois ma vie. Je serai meilleur en tant que golfeur, je serai meilleur en tant que personne, je serai meilleur en tant que père, je serai meilleur en tant que mari, je serai meilleur en tant qu’ami. C’est la beauté de demain. Un recul est impossible. Les leçons que j’apprends aujourd’hui, je les appliquerai demain, et j’en serai meilleur.
Tiger Woods

Monday, February 4, 2008

Lustukru

Lustukru, le lecteur le plus con du Monde. Enfin... le "plus con", c'est vite dit, parce ce que pour désigner un vainqueur ce n'est pas simple. En effet, c'est une position difficile à établir tellement la compétition entre bourrins, qui rivalisent pour écrire des conneries en réaction aux articles, est très serrée. Je dirai plutôt qu'en ce qui concerne les quelques 50 réactions lues ce matin, ce crétin - déjà cité sur ce blog - se distingue en donnant son opinion sur les traders, suite à un papier de Raphaëlle Bacqué et Claire Gatinois [LE MONDE | 02.02.08]
Lustukru
02.02.08 | 18h44
Ces gens ne servent a rien. Ils ne font rien, ne creent rien, ne vivent rien. S'imaginent etre les rois du monde alors qu'ils n'en sont que les rebuts. Le fric, le bonus, le souci d'ecraser son collegue, ils sont deja morts et ne s'en apercoivent pas. Du moins pas encore. Dans un genre tres proche, Le "99 francs" de Beigbeider est a relire d'urgence, pour se proteger de cette engeance, de cette pandemie decerebrante, de cette inhumanite normalisee.
Je ne savais rien de la référence que donne Lustukru : "99 francs" de Beigbeider. Aussi, je suis passé par Google pour découvrir le bouquin "à relire d'urgence" dont voici le résumé : "Octave est un détestable salaud, cynique et arrogant. Travaillant en compagnie de son binôme Charlie dans l’agence de publicité Ross & Witchcraft, les narines remplies des multiples rails de coke qu’il sniffe tout au long du film, il est le marchand de rêves qui vous promet ce que vous n’aurez jamais. Tout le gotha publicitaire le considère comme un génie. Dans une longue confession sous forme de monologue, Octave nous entraîne dans ses délires sur fond de sexe, de drogues, de soirées people."

Cette caricature du publiciste, déjà très éloignée de la réalité, ne correspond en rien au monde des traders qui ne font un travail qui ne peut être en rien assimilé au travail effectué dans le monde de la pub. Autant dire qu'un agriculteur fait le même métier qu'un serrurier. Pourtant, cette fiction caricaturale représente la grille d'analyse de Lustukru qui, comme la grande majorité des gens, perçoit les mondes inconnus au travers de ce type de bouquins ou de films.

On comprend alors facilement dans quel sorte d'imaginaire vivent les gens comme Lustukru et pour quelles raisons ils ne peuvent, en aucun cas, avoir un avis probant sur des réalités psychosociopolitiques qui les dépassent.

A noter au passage, le pseudo que ce crétin s'est choisi : une marque de spaghetti. Ce qui en dit long sur son état d'esprit.

Tuesday, January 29, 2008

Guerres sur la Sphère

Je ne sais pas quel genre de bloggers fréquente Ollivier Dyens, professeur à Montréal, pour mener ses études concernant l'impact des nouvelles technologies sur la société. Il prétend qu'il y aura "peut-être" moins de guerres grâce au Net, en faisant reposer la guerre sur le seul fait de la xénophobie. Comme si les guerres civiles n'avaient jamais existé.
Plus les pays sont enchevêtrés économiquement et culturellement, moins il y a de raisons de voir l'autre comme un étranger, et donc de le combattre. Les technologies numériques et le Web suscitent un rapprochement entre les êtres. Le courriel, les "chats", les blogs insistent sur ce qui nous lie, au-delà de la géographie, du corps, de la couleur de la peau. Dans notre histoire, jamais nous n'avons passé autant de temps non seulement à communiquer, mais aussi à nous enrichir et à débattre par l'entremise des réseaux.
En admettant que la xénophobie soit seule responsable des conflits, Dyens ne se rend pas compte qu'un mouvement de re-cloisonnement est en train de s'amorcer: sur la Toile, les cartes ne font qu'être redistribuées, en fonction de la culture d'origine et de la culture reconstruite en ligne, par les communautés d'internautes qui se retranchent de plus en plus derrière des murs virtuels, dont ils ne sortent presque jamais.
Par exemple: combien de bloggers s'aventurent en dehors de Canalblog ou de Haut&Fort, une fois qu'ils ont contacté un nombre suffisant de correspondants par affinités ? Affinités elles-mêmes, renforcées par le biais des canaux internes de ces plates-formes.

De nouvelles guerres sont à prévoir, car, sur la Sphère, la xénophobie est loin d'être un sentiment qui s'atténue. La xénophobie prend seulement une forme plus adaptée aux réseaux. Elle s'insinue, dorénavant, plus sur la plan des idées que sur celui de critères, tels que ceux "de la géographie, du corps, de la couleur de la peau".

Saturday, January 26, 2008

Coco Bourricot

Personne n'a pu échapper à cette histoire. J'ai lu les journaux pour en savoir un peu plus que ce qu'en disent les journalistes à la radio.

La Société Générale a annoncé le 24 janvier que Jérôme Kerviel, un courtier en contrats à terme, avait monté une série de fausses transactions dans le but de dissimuler d'énormes pertes. Jusqu'à l'année dernière, Kerviel avait tablé sur une chute de marchés. Il a changé ses positions cette année en misant sur leur hausse. Il était chargé de l'arbitrage des contrats à terme sur les indices boursiers européens. bilan de l'opération : 7,16 milliards de dollars de pertes pour la Société Générale.

Après avoir lu quelques quotidiens en ligne, tout ce que je peux dire c'est qu'il est encore trop tôt pour se faire une opinion sur cette affaire dont on ne sait pas grand chose, pour le moment. Mais, Le Monde fait état d'une rumeur disant que "la Société Générale aurait, en cédant en trois jours, du lundi 21 janvier au mercredi 23 janvier, l'équivalent de 48 milliards d'euros de dérivés d'actions fondés sur des indices européens, fait plonger les Bourses."

Suite à cet l'article, je suis tombé sur la réaction d'un des abonnés au quotidien. J'ai souri en constatant que la franchouillardise n'avait aucune limite :
Lustukru
26.01.08 | 12h58
Message a tous les declinologues: La France reste encore capable de mettre les marches financiers au trente sixieme dessous par le fait d'un petit trader un peu inventif. Cocorico.
La France qui possède l'arme atomique devrait balancer, au hasard, sur l'un de ses voisins, un missile de ce type. Je suis certain qu'un tas de Français seraient enfin rassurés de savoir que ce merveilleux pays, le plus beau du monde, auquel leur identité est si étroitement liée, aurait ainsi fait parlé de lui pour quelques décennies. Célébrité garantie ! Mieux que les Ukrainiens avec Tchernobyl.

Mais rassurez-vous, car je suis tout aussi certain que le missile ne décollerait pas, faute de maintenance sérieuse de la part des techniciens de notre grande armée toute aussi bien gérée et contrôlée que nos banques, nos administrations, nos prisons, nos universités, nos ports et aéroports, nos pétroliers, nos hôpitaux, nos égouts, nos musées, nos télécommunications, nos centres de recherches, nos serveurs...

Sunday, January 20, 2008

Médiocrité

En relisant les billets précédents, je remarque que la vision que je donne des blogs peut paraître bien sombre. Si le regard que je porte sur la partie de la bloggosphere produite par des français est aussi sombre, c'est parce que je juge, globalement, de la même manière la culture française.

Les blogs ne font que refléter la culture d'une société donnée. Rien de pire ou de meilleur n'est produit sur le Net que ce que les individus produisent au quotidien, pour leur travail ou leurs loisir. Bien que toute la société ne soit pas représentée sur la Toile, les blogs et les sites personnels donnent tout de même une idée assez précise de l'état d'esprit collectif.

On sait que la société française est une société dans laquelle prime l'idée de hiérarchie. C'est certainement pour cette raison que l'on retrouve si fréquemment des bloggers qui tentent de se démarquer de la masse en affichant des performances, telle que le nombre de visiteurs, pensant prouver par là qu'ils seraient meilleurs que ceux qui cumulent moins de visites mensuelles ou annuelles. Mais ils ne prennent pas en compte que, pour établir une hiérarchie sur le critère de la fréquentation, il faut nécessairement produire le blog le plus médiocre possible. Et, ceci, indépendamment des moyens techniques qui permettent d'améliorer le classement opéré par les moteurs de recherches - des techniques que tout bon webmaster connaît.

Car, mis à part l'aspect mécanique du référencement, il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir le plus de chance de se retrouver en haut de l'échelle, il faut avant tout séduire le lecteur. Les médias audiovisuels ont su établir les meilleures recettes pour capter le maximum de spectateurs. Les bloggers doivent appliquer le même genre de stratégies pour faire augmenter leur lectorat. C'est à dire faire, par analogie, du TF1 ou du M6TV plutôt que du ArteTV. Je sais par expérience que, par exemple, l'emploi du terme "analogie", que je viens d'écrire à l'instant, coûte un certain nombre de points dans la course à l'audience. Ne parlons même pas de la longueur de mes billets : écrire plus de 100 mots à la suite équivaut à se tirer une balle dans le bras - on n'a pas besoin de pieds pour blogguer.

Croire que les blogs, dans leur ensemble, permettent de faire grimper le niveau culturel d'une population quelconque est une idée digne de Karl Marx qui imaginait que la conscience de classe passait par l'amélioration des accès aux savoirs. Ce qui s'est avéré complètement faux. La conscience de classe n'était réalisable que sur la base du ressentiment des ouvriers face à la bourgeoisie. La conscience de classe du blogger ne peut se fonder que sur le mépris ou la haine de la culture savante, lettrée.

Je reviendrai probablement sur ce dernier point qui concerne ce qui est le mieux partagé par la population française : le ressentiment.

Saturday, January 19, 2008

Interactions

"M 56" commence à prendre de l'allure. Voici deux semaines que cette publication existe. Dans ma mémoire, mes anciens blogs occupent moins de place. Je commence à réaliser qu'ils ont disparu de la galaxie représentée par une myriade d'objets virtuels, généralement très faciles à identifier puisque beaucoup se ressemblent et entrent dans des catégories toutes faites : politique, humour, journal "intime", etc..

Je dois dire que mes blogs se démarquaient assez peu de la masse des blogs francophones et que j'abordais tous les sujets, tous les thèmes. La différence passait par le soin de la mise en page - webdesign, ergonomie, lisibilité, orthographe et syntaxe -, et, particulièrement, par mon refus obstiné d'adhérer à une communauté quelconque, avec un refus encore plus obstiné : celui de me faire un des relais de la doxa.

Ce que je tiens à préciser ce soir, c'est que ce n'est pas seulement le fait d'avoir changé de vie professionnelle et de lieu de résidence qui m'a poussé à détruire mes anciens blogs, mais que cela s'est produit lorsque j'ai vraiment pris conscience que de nombreux bloggers lisaient régulièrement et avec attention ce que je publiais. J'avais pu, auparavant, constater que la plupart des bloggers qui regroupent quelques lecteurs réguliers sont heureux d'avoir des "fidèles". Pire : que les "fidèles" en questions sont eux-mêmes honorés de porter ce titre. Cette conception de la relation inter-individuelle me révulse.

Pourtant, malgré moi, cette situation était en train de se produire. Comme je ne pouvais pas chasser, sans les blesser, ceux qui s'auto-proclamaient, "amis", "fidèles", "admirateurs", je n'avais pas d'autre solution, pour me soustraire au rôle de leader, que celle d'écraser mes blogs pour m'évanouir ensuite dans la bloggosphere.

C'est principalement pour cette raison que depuis le début de l'année, je n'ai signé aucun commentaire sous le nom de Simorgh, ne désirant pas encore faire connaître ce nouveau blog. Je réfléchis donc en ce moment aux liens que je vais pouvoir tisser, ainsi qu'à la forme des relations, des interactions que je souhaiterais avoir avec d'autres auteurs de blogs. Rien ne presse.

Baudruches

Il y a mille & une manières de tenir un blog, mais je me rends compte qu'il me faut, pour ma part, en distinguer principalement deux : blogger pour soi et blogger pour un lectorat. Bien entendu ces deux manières ne s'excluent pas l'une de l'autre. En rédigeant pour soi, on garde à l'esprit qu'en publiant ensuite sur le Net, il est probable que quelqu'un lise le texte. Même ceux qui prétendent rédiger un carnet intime n'écrivent certainement pas de la même façon depuis l'avènement du blog. D'autres écrivent avec l'espoir qu'ils seront lus par le plus grand nombre et perdent de vue qu'écrire, c'est avant tout écrire pour soi.

On écrit pour soi, même si on a l'intention de ne faire partager qu'une simple information. Puisque donner à lire telle chose et non telle autre, relève déjà d'un choix subjectif. Ce choix, qu'on le veuille ou non, dit quelque chose sur l'auteur de billet, même si celui-ci s'est bien gardé de se mettre en scène, d'exposer son opinion et ne relate que des événements sur le mode factuel ou transcrit des données scientifiques, des informations techniques, sportives, artistiques, politiques, etc..

Or, les blogs sont bien loin d'être écrits avec la volonté de faire passer la subjectivité de l'auteur en arrière plan. Généralement, c'est l'inverse qui se produit. La bloggosphere est l'endroit idéal pour muscler son ego. A un tel point qu'il est presque impossible d'échapper à cette forme de culturisme. D'autant plus, quand le blogger commence à fidéliser un certain nombre de lecteurs. Beaucoup ne sont pas préparés à encaisser le succès, quelqu'en soit sa forme et bien que ce succès soit très relatif. Aussi, on peut observer, agrippée sur la Toile, une quantité impressionnante de baudruches, les voir enfler et se débattre dans des situations risquées pour leur amour-propre, leur misérable construction identitaire reposant sur un blog et menaçant de s'écrouler à tout moment.

Allez, dites le moi, vous aussi vous en connaissez de ces bloggers pitoyables, ces gens qui se lancent dans une fuite éperdue pour se faire connaître, ceux qui courent après leur ombre virtuelle, n'est-ce pas ?