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Monday, August 4, 2008

Soljenitsyne est mort

L'écrivain russe Alexandre Soljenitsyne est mort à l'âge de 89 ans des suites d'une insuffisance cardiaque. Prix Nobel de littérature en 1970, Soljenitsyne a révélé au monde le véritable visage du système carcéral soviétique à travers des ouvrages comme Une journée d'Ivan Denissovitch, Le Premier Cercle ou encore L'Archipel du Goulag. Privé de sa citoyenneté soviétique et expulsé du pays en 1974, l'écrivain part vivre en Allemagne, en Suisse et aux Etats-Unis, devenant un emblème de la dissidence pendant la guerre froide. Il mettra fin à son exil vingt ans plus tard. Après son retour, il ne baisse pas la garde et continue à dénoncer la stratégie du Kremlin et la décadence morale et spirituelle de son pays. Quand il accepte finalement de recevoir le prestigieux prix d'Etat russe des mains de Poutine en 2007, Soljenitsyne déclare : "A la fin de ma vie, je peux espérer que le matériel historique que j'ai collecté entrera dans les consciences et la mémoire de mes compatriotes."

Saturday, May 31, 2008

Le labyrinthe

LE LABYRINTHE ( OU LA COMPOSITION DES ETRES )

Il existe à la base de la vie humaine, un principe d'insuffisance. Isolément, chaque homme imagine les autres incapables ou indignes d'"être". Une conversation libre, médisante, exprime une certitude de la vanité de mes semblables ; un bavardage apparemment mesquin laisse voir une aveugle tension de la vie vers un sommet indéfinissable.

La suffisance de chaque être est contestée sans relâche par ses proches. Même un regard exprimant l'admiration s'attache à moi comme un doute. [Le "génie" abaisse davantage qu'il n'élève ; l'idée du "génie" empêche d'être simple, engage à montrer l'essentiel, à dissimuler ce qui décevrait : il n'est pas de "génie" concevable sans "art". Je voudrais simplifier, braver le sentiment d'insuffisance. Je ne suis pas moi-même suffisant et ne maintiens ma "prétention" qu'à la faveur de l'ombre où je suis. ]
Un éclat de rire, une expression de répugnance accueillent gestes, phrases, manquements où se trahit mon insuffisance profonde.

L'inquiétude des uns et des autres s'accroît et se multiplie dans la mesure où ils aperçoivent, aux détours, la solitude de l'homme dans une nuit vide. Sans la présence humaine, la nuit où tout se trouve - ou plutôt se perd - semblerait existence pour rien, non-sens équivalent à l'absence d'être.

Georges Bataille, L'expérience intérieure, Gallimard, 1954, p. 97

L'écriture

Jack Kerouac en savait long sur l’écriture lorsque je le rencontrai pour la première fois en 1944. Il avait 21 ans ; il avait déjà écrit un million de mots et était complètement voué à son industrie. C’est Kerouac qui ne cessa de me dire que je devrais écrire, et nommer le livre Le Festin Nu. Je n’ai jamais rien écrit après le lycée et ne me considérais pas comme écrivain, ce que je lui dis. "Je n’ai pas de talent en écriture." J’avais essayé quelques fois, une page peut-être. La relire me procurait toujours un sentiment de fatigue et de dégoût, une aversion pour cette forme d’activité, à la manière de ce que doit ressentir un rat de laboratoire lorsqu’il choisit le mauvais chemin et se fait sévèrement réprimander par une aiguille en plein dans ses centres de déplaisir. Jack Kerouac persistait tranquillement à me dire que j’avais du talent pour l’écriture et que je devrais écrire un livre appelé Le Festin Nu. Ce à quoi je répondis, "Je ne veux rien entendre de littéraire."

William Burroughs, The Adding Machine, 1975-1977

La bêtise

Vertige du multiple. Si la bêtise nous parait omniprésente, c'est parce qu'elle coïncide avec ce qui nous constitue comme êtres de pensée et nous permet de communiquer les uns avec les autres: la bêtise est co-extensive à ce langage par lequel nous imaginons exprimer librement notre point de vue et dont nous sommes en réalité le jouet. C'est au moment même où nous croyons en maîtriser les moyens qu'il inocule le plus facilement en nous sa vermine, ce pullulement ignoble de lieux communs, d'idioties, de difformités morales et d'injustices qui s'appellent l'insanité triomphante, la stupidité satisfaite d'elle-même. Jusqu'ici, l'art permettait de faire front: c'était même dans cette mission que résidait toute l'éthique de l'art. Mais Flaubert a le pressentiment que la bêtise, génétiquement attachée à l'humanité depuis les origines, vient d'entrer dans une phase de nuisance sans précédent: le microbe de la connerie était là, c'est certain, mais quelque chose vient de le faire muter et il commence à proliférer dans des proportions vertigineuses. Ce qui l'a réveillé, c'est la révolution technique de la modernité, la capacité de l'ineptie à se doter désormais d'une puissance industrielle à se multiplier: rotative, presse à grand tirage, héliogravure, photographie, publicité, best-sellers. Tout est en place pour accroître à l'infini les pouvoirs de la bêtise active qui tue, d'une « culture» faisant du cliché son objet d'excellence: l'art industriel [notre industrie culturelle] qui lobotomise les masses, qui abrutit à grande échelle, la bêtise triomphante d'Homais qui vise la prise de pouvoir politique, le formatage intégral des mentalités aux normes de l'idée reçue.

Écoutez bien ce que Flaubert disait à George Sand en 1870: "Nous allons entrer dans une ère stupide. On sera utilitaire, militaire, américain et catholique." Et ce qu'il disait quatre ans plus tard à Tourgueniev: "Ce qui va occuper le premier plan, pendant peut-être deux ou trois siècles, est à faire vomir un homme de goût. Il est temps de disparaître." Un siècle plus tard, Andy Warhol ajoutait: "Il y aura une époque, où chacun pourra dire ce qu'il pense, et en toute liberté car alors tout le monde pensera la même chose."

Flaubert : sus à l'ennemi ! par Marc de Biasi
Le magazine littéraire - N° 466

Thursday, March 13, 2008

Réconciliation impossible

J'ai déjà, évoqué le problème en parlant de l'appel au boycott de la littérature israélienne. J'ai vu venir cette polémique dès que j'ai su que les écrivains de langue hébraïque seraient à l'honneur au Salon du Livre de Paris. Le Salon a débuté ce soir et la polémique enfle. C'est triste et c'est pathétique : l'Arabie Saoudite, l'Algérie, la Tunisie, l'Iran et bien d'autres pays musulmans, dirigés pas de grands démocrates, se mêlent de boycotter des écrivains alors que ces pays ne sont pas foutus de respecter ne serait-ce que la liberté d'expression de leurs propres ressortissants. Si ce n'était pas si dangereux et stupide, ça pourrait faire sourire ? Non, même pas, car c'est bien trop nul, affligeant !

Caroline Fourest rappelle les origines des premiers boycotts dans la région, avec les résultats qu'on connaît : "Lorsque des groupes d'intérêts arabes et musulmans décident de boycotter les commerces "juifs" s'implantant en Palestine, plus de vingt ans avant la création de l'Etat d'Israël, la consigne s'apparente à un slogan xénophobe et raciste. La "liste noire" établie par la Ligue arabe en vue de boycotter les entreprises ayant des liens commerciaux avec Israël marche dans ces pas, puisqu'elle proteste contre l'existence même de cet Etat."

Cent ans plus tard, il est toujours question de boycott, mais on sait aujourd'hui que la paix est impossible, aucune solution n'est en vue pour que cesse ce conflit. Bien au contraire.
Je suis d'accord avec Uzi Benziman du journal Ha'Aretz qui dit que "plus les années passent, plus la haine croît, plus la frustration devient intense et plus la soif de vengeance est impossible à étancher, tandis que les uns et les autres sont de moins en moins capables de développer un minimum d’empathie pour le désarroi et l’angoisse de la partie adverse."
Selon U. Benziman :
La question clé de ce conflit n’est ni Jérusalem, ni le droit au retour, ni même la question des frontières, mais bien la perception qu’ont Israéliens et Palestiniens les uns des autres. Tant que les Israéliens continueront à être décrits dans les manuels et les discours palestiniens comme un occupant ­diabolique, un corps étranger à éradiquer ou un profanateur des lieux saints musulmans, il n’y aura pas de base sur laquelle se réconcilier. Tant que les Israéliens ne se montreront pas capables de voir les Palestiniens ­autrement que comme une force hostile à liquider par tous les moyens parce qu’elle ne se résout pas à l’existence de l’Etat sioniste, les conditions nécessaires à la réconciliation ne seront pas davantage remplies.

Thursday, February 28, 2008

Boycott du Salon du Livre

Les appels de pays et organisations arabes à boycotter le Salon du Livre, qui se tiendra à Paris, se sont multipliés à deux semaines de l’ouverture de la manifestation.

Selon L'Orient du Jour :
De vives critiques se sont en effet élevées ces derniers jours dans le monde arabe pour dénoncer l’attitude des organisateurs du Salon et des autorités françaises, partie prenante dans le choix du pays invité.
Le président de l’Union des écrivains palestiniens, al-Moutawakel Taha, a appelé les maisons d’édition arabes à boycotter le Salon et le président de l’Union des écrivains égyptiens, Mohammad Salmawy, a estimé la semaine dernière le choix d’Israël "inacceptable".
À Rabat, l’Organisation panislamique pour l’éducation, les sciences et la culture, l’ISESCO, a appelé mardi ses 50 pays membres à boycotter le Salon. Des éditeurs marocains et algériens indépendants se sont également désistés.
Quant à Tariq Ramadan, qui signe aujourd'hui une misérable bafouille dans Le Monde, il est puant d'hypocrisie et de malhonnêteté intellectuelle. Pour défendre son appel au boycott de la Foire du Livre de Turin, il ne recule pas devant des énormités comme celles qui suivent : "Qui donc pourrait aujourd'hui nous reprocher d'utiliser tous les moyens pacifiques que nous avons à notre disposition ? Les excès des réactions verbales auxquelles nous avons eu affaire prouvent que la violence n'est pas du côté que l'on croit. Notre silence, dans les pays majoritairement musulmans comme en Occident, est l'une des causes de la violence au Moyen-Orient !" Ou Ramadan se fout de la gueule du monde ou alors il est sourd, ne regarde pas la TV et ne sait pas lire les journaux. Il faudrait croire selon lui que les pays musulmans et les arabes, en particulier, sont parfaitement silencieux : aucun appel à la destruction d'Israël, aucun musulman n'a osé hurler à la face du monde son anti-sémitisme, tous prônent une solution pacifique dans la règlement du conflit israëlo-palestinien.

Quelques jours plus tôt, le 15 février précisément, toujours dans les colonnes du Monde, Marek Halter écrivait :
Parmi les premiers, François-René de Chateaubriand avait compris que si le peuple juif était le seul de l'Antiquité à avoir survécu jusqu'à nos jours, c'était grâce à son enracinement dans le Livre. Un peuple peut disparaître si on l'arrache à sa terre. Un livre, en revanche, se transporte d'un exil à l'autre. La Bible a maintenu l'identité de ces juifs persécutés et dispersés à travers les continents et les siècles. Par conséquent, tous ceux qui voulaient la mort des juifs étaient-ils amenés à commencer par détruire leurs livres. Il en fut ainsi en 43 de notre ère à Alexandrie sous Caligula, premier antisémite moderne ou pendant le règne de Louis IX, dit Saint Louis, au XIIIe siècle, qui fit brûler des charrettes de Talmud place de Grève à Paris, ou encore deux siècles plus tard, à l'époque de l'Inquisition espagnole et jusqu'aux autodafés nazis. Interrogé au lendemain de la Nuit de cristal sur les conséquences de ces brasiers de livres juifs, Sigmund Freud répondit : "A la suite des livres, ce sont les juifs que l'on brûlera."
Il y a quelques jours, dans un entretien au Monde, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, affirma une fois encore sa volonté de faire disparaître l'Etat d'Israël. Faire disparaître sa littérature, serait-ce le premier pas ? Y aura-t-il toujours des intellectuels pour être complices d'une telle ignominie ?
Oui, Marek, ce ne sont pas les intellos qui manquent pour se faire complices de genre de saloperies.

Thursday, February 7, 2008

Enfoirés

Khaled Fouad Allam, député de la gauche italienne, dit que "de nombreux écrivains arabes et le célèbre théologien de l'islam européen Tariq Ramadan s'opposent à la présence d'Israël" à la Foire internationale du livre de Turin, la plus importante en Italie.

Ils ne sont pas les seuls puisque les communistes italiens et quelques membres de Refondation communiste s'opposent aussi à la venue des écrivains israéliens. Le maire, Sergio Chiamparino, rappelle que Turin était la ville de Primo Levi.

Claudio Magris qualifie, dans le Corriere della Sera, d'"inqualifiable" la contestation de l'invitation adressée aux écrivains israéliens et estime que les appels au boycott devraient être simplement "jetés à la poubelle", sans autre considération. "En discuter, même pour les refuser, contribue à leur donner consistance et épaisseur", affirme Magris, "comme une femme qui serait contrainte de s'arrêter pour démontrer sa vertu à un mufle l'ayant apostrophée en des termes que l'on n'oserait répéter."

"Israël est l'invité d'honneur du Salon du livre de Paris, qui précède de deux mois le rendez-vous turinois", fait remarquer Il Sole-24 Ore, "et pourtant là-bas, mis à part quelques dissensions isolées, on n'a pas entendu de plaintes. L'insoutenable légèreté de l'idiotie doit être une prérogative italienne", conclut Il Sole.

Je n'en suis pas certain. Pour le moment, les pro-islamistes et les fascistes de la gauche française sont trop occupés par les enjeux des municipales pour afficher massivement leur haine des Juifs. Mais rien ne dit que "l'insoutenable légèreté" de la connerie ne pointera pas son nez à Paris, lors du prochain Salon du livre qui reçoit 39 écrivains israéliens.

La France et l'Italie, sa cousine, ont pu marginaliser - bien que de manière somme toute relative par rapport à d'autres démocraties - le fascisme de droite en lui faisant porter la honte qu'il mérite. Pourtant, ces deux nations n'arrivent pas à faire de même avec les fascistes de gauche : communistes et apparentés communistes, et, certains groupes verts ou alter-mondialistes. Dans ces deux pays fortement ancrés dans le catholicisme, le mythe communiste reste vivace car ces deux idéologies se renforcent l'une l'autre. De plus, pour des raisons historiques, le communisme n'est pas présenté pour ce qu'il est, c'est à dire : la religion de la colère, du ressentiment et de la haine.

Thursday, January 31, 2008

Nouvelle littérature ?

La création littéraire dans les blogues est rare. Les gens qui écrivent des poèmes pratiquent souvent l’écriture automatique et le font, la plupart du temps, de façon carrément maladroite. Loin de nous de prétendre qu’on ne peut trouver quelques perles rares dans cet océan - mais le fait reste qu’une grande majorité de blogues sont victimes de leur facilité.

Parmi les blogues de création littéraire intéressants, nous avons souvent trouvé qu’une volonté de "refaire" ce qui a déjà été fait en littérature : des romans-feuilletons sous forme de blogues, des "photo-romans", etc. Les blogues qui tentent d’exploiter les spécificités du médium ne sont que des exceptions.
C'est la conclusion d'une étude menée par Valérie Cools et Alexandre Béland-Bernard au cours de l'été 2006. Ces deux universitaires ont cherché à déterminer si une nouvelle forme de littérature était en voie d’émerger à travers les blogues francophones. Ils ont répertorié 501 blogs, au total, et, en ont décrit 297.

Les enseignements, que ces deux chercheurs tirent de leur enquête suivie d'une analyse, collent parfaitement à l'idée que je me fais de la création littéraire sur les blogs: nulle ou quasiment nulle, malgré un nombre assez important de bloggers qui aimeraient être considérés comme de véritables auteurs de fiction romanesque.

Mais, malheureusement, pour V. Cools et A. Béland-Bernard, le constat est accablant: "Les billets semblent souvent improvisés, écrits à la sauvette, comme en témoignent les fautes de frappe, d’orthographe et de mise en page que nous avons trouvées, même dans les blogues d’écrivains ou d’écrivains aspirants. Nous avions souvent l’impression que les blogues servent littéralement de carnets de brouillons."

Hé bien, mis à part quelques très rares exceptions - car il m'est arrivé de lire quelques blogs dont les auteurs soignaient leurs publications -, je ne peux qu'être d'accord avec ce rapport universitaire.

Quand je pense que certains bloggers se montent la tête jusqu'à imaginer qu'il sont à deux doigts du prix Nobel de littérature parce que, régulièrement, dix crétins les encouragent par leurs commentaires à se prendre pour des génies... ça m'attriste.

Friday, January 25, 2008

Peur de mourir

Rien de particulier à dire sur la journée qui vient de s'écouler. J'ouvre un post simplement pour me souvenir de l'extrait d'une nouvelle d'Albert Camus. J'aime que mes blogs servent aussi de bloc-notes, d'aide-mémoires. Publier une citation, la mettre en ligne est une bonne façon de la conserver... un certain temps...

Dans une de ses nouvelles, "La femme adultère", tirée du recueil L'exil et le royaume, Camus décrit deux commerçants d'Alger, Marcel et Jeannine, mariés depuis vingt ans, un bail bien trop long pour que leur amour, vivace au début, n'ait pu être usé. Une nuit, Jeannine a une révélation. Après avoir quitté la chambre commune et s'être exposée au vent glacé du désert, elle regagne le lit, un évènement que Camus commente en ces termes :
Marcel avait besoin d'elle et elle avait besoin de ce besoin, elle en vivait la nuit et le jour, la nuit surtout, chaque nuit où il ne voulait pas être seul, ni vieillir, ni mourir, avec cet air buté qu'il prenait et qu'elle reconnaissait parfois sur d'autres visages d'hommes, le seul air commun de ces fous qui se camouflent sous des airs de raison, jusqu'à ce que le délire les prenne et les jette désespérément vers un corps de femme pour y enfouir, sans désir, ce que la solitude et la nuit leur montrent d'effrayant. Marcel remua un peu comme pour s'éloigner d'elle. Non, il ne l'aimait pas, il avait peur de ce qui n'était pas elle, simplement, et elle et lui depuis longtemps auraient dû se séparer et dormir seuls jusqu'à la fin. Mais qui peut dormir toujours seul? Quelques hommes le font, que la vocation ou le malheur ont retranché des autres et qui couchent alors tous les soirs dans le même lit que la mort (...). Elle l'appela de tout son cœur (...). Elle aussi avait peur de mourir (...)