Egérie : Nymphe du Latium, qui vivait dans le bois sacré d’Aricie, près de Rome. Elle dictait les lois en grand secret au roi Numa, lors de leurs colloques nocturnes au fond des bois. C’est du moins ce qu’il prétendait. Suite à ces consultations sylvestres, il est convenu d’appeler une "égérie" toute inspiratrice occulte d’un homme politique ou d’un artiste. Le bois d’Aricie n’existe plus depuis belle lurette : les hommes qui fréquentent nuitamment les bois périurbains de nos grandes métropoles y sont aussi en quête de muses, mais ils en attendent de plus prosaïques prestations.
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Wednesday, July 16, 2008
Tuesday, July 1, 2008
Todorov distingué
Le philosophe français d'origine bulgare Tzvetan Todorov a reçu le prix Prince des Asturies pour les sciences sociales. Ce prix, doté de 50 000 euros, lui sera officiellement remis en octobre à Oviedo par le prince Felipe.
Article paru dans l'édition du 24.06.08 du quotidien Le Monde
Thursday, March 13, 2008
Réconciliation impossible
J'ai déjà, évoqué le problème en parlant de l'appel au boycott de la littérature israélienne. J'ai vu venir cette polémique dès que j'ai su que les écrivains de langue hébraïque seraient à l'honneur au Salon du Livre de Paris. Le Salon a débuté ce soir et la polémique enfle. C'est triste et c'est pathétique : l'Arabie Saoudite, l'Algérie, la Tunisie, l'Iran et bien d'autres pays musulmans, dirigés pas de grands démocrates, se mêlent de boycotter des écrivains alors que ces pays ne sont pas foutus de respecter ne serait-ce que la liberté d'expression de leurs propres ressortissants. Si ce n'était pas si dangereux et stupide, ça pourrait faire sourire ? Non, même pas, car c'est bien trop nul, affligeant !
Caroline Fourest rappelle les origines des premiers boycotts dans la région, avec les résultats qu'on connaît : "Lorsque des groupes d'intérêts arabes et musulmans décident de boycotter les commerces "juifs" s'implantant en Palestine, plus de vingt ans avant la création de l'Etat d'Israël, la consigne s'apparente à un slogan xénophobe et raciste. La "liste noire" établie par la Ligue arabe en vue de boycotter les entreprises ayant des liens commerciaux avec Israël marche dans ces pas, puisqu'elle proteste contre l'existence même de cet Etat."
Cent ans plus tard, il est toujours question de boycott, mais on sait aujourd'hui que la paix est impossible, aucune solution n'est en vue pour que cesse ce conflit. Bien au contraire.
Je suis d'accord avec Uzi Benziman du journal Ha'Aretz qui dit que "plus les années passent, plus la haine croît, plus la frustration devient intense et plus la soif de vengeance est impossible à étancher, tandis que les uns et les autres sont de moins en moins capables de développer un minimum d’empathie pour le désarroi et l’angoisse de la partie adverse."
Selon U. Benziman :
Caroline Fourest rappelle les origines des premiers boycotts dans la région, avec les résultats qu'on connaît : "Lorsque des groupes d'intérêts arabes et musulmans décident de boycotter les commerces "juifs" s'implantant en Palestine, plus de vingt ans avant la création de l'Etat d'Israël, la consigne s'apparente à un slogan xénophobe et raciste. La "liste noire" établie par la Ligue arabe en vue de boycotter les entreprises ayant des liens commerciaux avec Israël marche dans ces pas, puisqu'elle proteste contre l'existence même de cet Etat."
Cent ans plus tard, il est toujours question de boycott, mais on sait aujourd'hui que la paix est impossible, aucune solution n'est en vue pour que cesse ce conflit. Bien au contraire.
Je suis d'accord avec Uzi Benziman du journal Ha'Aretz qui dit que "plus les années passent, plus la haine croît, plus la frustration devient intense et plus la soif de vengeance est impossible à étancher, tandis que les uns et les autres sont de moins en moins capables de développer un minimum d’empathie pour le désarroi et l’angoisse de la partie adverse."
Selon U. Benziman :
La question clé de ce conflit n’est ni Jérusalem, ni le droit au retour, ni même la question des frontières, mais bien la perception qu’ont Israéliens et Palestiniens les uns des autres. Tant que les Israéliens continueront à être décrits dans les manuels et les discours palestiniens comme un occupant diabolique, un corps étranger à éradiquer ou un profanateur des lieux saints musulmans, il n’y aura pas de base sur laquelle se réconcilier. Tant que les Israéliens ne se montreront pas capables de voir les Palestiniens autrement que comme une force hostile à liquider par tous les moyens parce qu’elle ne se résout pas à l’existence de l’Etat sioniste, les conditions nécessaires à la réconciliation ne seront pas davantage remplies.
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Saturday, February 16, 2008
Top 500 artists
Je sais que Marc Rothko est un artiste très connu, sinon je n'aurais certainement pas eu l'occasion d'admirer ses oeuvres exposées, en 2004, au Guggen de Bilbao, mais je ne pensais pas qu'il se trouverait placé sur le 17ème rang des artistes les plus appréciés des visiteurs de la Saatchi Gallery.
Je viens de voter pour lui. Pour le moment, avec mon vote, la côte de Rothko, 3667, talonne d'un seul point celle de Willem De Kooning, elle-même à un point de celle de Georges Braque classé 15ème, donc, sur une liste de 500 peintres. En tête Pablo Picasso, 3865, suivit de Paul Cézanne, 3738.
Je repasserai dans quelques jours sur "Your top 500 artists of the 20th century", pour voir comment ce classement a évolué.
Je viens de voter pour lui. Pour le moment, avec mon vote, la côte de Rothko, 3667, talonne d'un seul point celle de Willem De Kooning, elle-même à un point de celle de Georges Braque classé 15ème, donc, sur une liste de 500 peintres. En tête Pablo Picasso, 3865, suivit de Paul Cézanne, 3738.Je repasserai dans quelques jours sur "Your top 500 artists of the 20th century", pour voir comment ce classement a évolué.
Thursday, February 7, 2008
Enfoirés
Khaled Fouad Allam, député de la gauche italienne, dit que "de nombreux écrivains arabes et le célèbre théologien de l'islam européen Tariq Ramadan s'opposent à la présence d'Israël" à la Foire internationale du livre de Turin, la plus importante en Italie.
Ils ne sont pas les seuls puisque les communistes italiens et quelques membres de Refondation communiste s'opposent aussi à la venue des écrivains israéliens. Le maire, Sergio Chiamparino, rappelle que Turin était la ville de Primo Levi.
Claudio Magris qualifie, dans le Corriere della Sera, d'"inqualifiable" la contestation de l'invitation adressée aux écrivains israéliens et estime que les appels au boycott devraient être simplement "jetés à la poubelle", sans autre considération. "En discuter, même pour les refuser, contribue à leur donner consistance et épaisseur", affirme Magris, "comme une femme qui serait contrainte de s'arrêter pour démontrer sa vertu à un mufle l'ayant apostrophée en des termes que l'on n'oserait répéter."
"Israël est l'invité d'honneur du Salon du livre de Paris, qui précède de deux mois le rendez-vous turinois", fait remarquer Il Sole-24 Ore, "et pourtant là-bas, mis à part quelques dissensions isolées, on n'a pas entendu de plaintes. L'insoutenable légèreté de l'idiotie doit être une prérogative italienne", conclut Il Sole.
Je n'en suis pas certain. Pour le moment, les pro-islamistes et les fascistes de la gauche française sont trop occupés par les enjeux des municipales pour afficher massivement leur haine des Juifs. Mais rien ne dit que "l'insoutenable légèreté" de la connerie ne pointera pas son nez à Paris, lors du prochain Salon du livre qui reçoit 39 écrivains israéliens.
La France et l'Italie, sa cousine, ont pu marginaliser - bien que de manière somme toute relative par rapport à d'autres démocraties - le fascisme de droite en lui faisant porter la honte qu'il mérite. Pourtant, ces deux nations n'arrivent pas à faire de même avec les fascistes de gauche : communistes et apparentés communistes, et, certains groupes verts ou alter-mondialistes. Dans ces deux pays fortement ancrés dans le catholicisme, le mythe communiste reste vivace car ces deux idéologies se renforcent l'une l'autre. De plus, pour des raisons historiques, le communisme n'est pas présenté pour ce qu'il est, c'est à dire : la religion de la colère, du ressentiment et de la haine.
Ils ne sont pas les seuls puisque les communistes italiens et quelques membres de Refondation communiste s'opposent aussi à la venue des écrivains israéliens. Le maire, Sergio Chiamparino, rappelle que Turin était la ville de Primo Levi.
Claudio Magris qualifie, dans le Corriere della Sera, d'"inqualifiable" la contestation de l'invitation adressée aux écrivains israéliens et estime que les appels au boycott devraient être simplement "jetés à la poubelle", sans autre considération. "En discuter, même pour les refuser, contribue à leur donner consistance et épaisseur", affirme Magris, "comme une femme qui serait contrainte de s'arrêter pour démontrer sa vertu à un mufle l'ayant apostrophée en des termes que l'on n'oserait répéter."
"Israël est l'invité d'honneur du Salon du livre de Paris, qui précède de deux mois le rendez-vous turinois", fait remarquer Il Sole-24 Ore, "et pourtant là-bas, mis à part quelques dissensions isolées, on n'a pas entendu de plaintes. L'insoutenable légèreté de l'idiotie doit être une prérogative italienne", conclut Il Sole.
Je n'en suis pas certain. Pour le moment, les pro-islamistes et les fascistes de la gauche française sont trop occupés par les enjeux des municipales pour afficher massivement leur haine des Juifs. Mais rien ne dit que "l'insoutenable légèreté" de la connerie ne pointera pas son nez à Paris, lors du prochain Salon du livre qui reçoit 39 écrivains israéliens.
La France et l'Italie, sa cousine, ont pu marginaliser - bien que de manière somme toute relative par rapport à d'autres démocraties - le fascisme de droite en lui faisant porter la honte qu'il mérite. Pourtant, ces deux nations n'arrivent pas à faire de même avec les fascistes de gauche : communistes et apparentés communistes, et, certains groupes verts ou alter-mondialistes. Dans ces deux pays fortement ancrés dans le catholicisme, le mythe communiste reste vivace car ces deux idéologies se renforcent l'une l'autre. De plus, pour des raisons historiques, le communisme n'est pas présenté pour ce qu'il est, c'est à dire : la religion de la colère, du ressentiment et de la haine.
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Monday, February 4, 2008
Lustukru
Lustukru, le lecteur le plus con du Monde. Enfin... le "plus con", c'est vite dit, parce ce que pour désigner un vainqueur ce n'est pas simple. En effet, c'est une position difficile à établir tellement la compétition entre bourrins, qui rivalisent pour écrire des conneries en réaction aux articles, est très serrée. Je dirai plutôt qu'en ce qui concerne les quelques 50 réactions lues ce matin, ce crétin - déjà cité sur ce blog - se distingue en donnant son opinion sur les traders, suite à un papier de Raphaëlle Bacqué et Claire Gatinois [LE MONDE | 02.02.08]
Cette caricature du publiciste, déjà très éloignée de la réalité, ne correspond en rien au monde des traders qui ne font un travail qui ne peut être en rien assimilé au travail effectué dans le monde de la pub. Autant dire qu'un agriculteur fait le même métier qu'un serrurier. Pourtant, cette fiction caricaturale représente la grille d'analyse de Lustukru qui, comme la grande majorité des gens, perçoit les mondes inconnus au travers de ce type de bouquins ou de films.
On comprend alors facilement dans quel sorte d'imaginaire vivent les gens comme Lustukru et pour quelles raisons ils ne peuvent, en aucun cas, avoir un avis probant sur des réalités psychosociopolitiques qui les dépassent.
A noter au passage, le pseudo que ce crétin s'est choisi : une marque de spaghetti. Ce qui en dit long sur son état d'esprit.
LustukruJe ne savais rien de la référence que donne Lustukru : "99 francs" de Beigbeider. Aussi, je suis passé par Google pour découvrir le bouquin "à relire d'urgence" dont voici le résumé : "Octave est un détestable salaud, cynique et arrogant. Travaillant en compagnie de son binôme Charlie dans l’agence de publicité Ross & Witchcraft, les narines remplies des multiples rails de coke qu’il sniffe tout au long du film, il est le marchand de rêves qui vous promet ce que vous n’aurez jamais. Tout le gotha publicitaire le considère comme un génie. Dans une longue confession sous forme de monologue, Octave nous entraîne dans ses délires sur fond de sexe, de drogues, de soirées people."
02.02.08 | 18h44
Ces gens ne servent a rien. Ils ne font rien, ne creent rien, ne vivent rien. S'imaginent etre les rois du monde alors qu'ils n'en sont que les rebuts. Le fric, le bonus, le souci d'ecraser son collegue, ils sont deja morts et ne s'en apercoivent pas. Du moins pas encore. Dans un genre tres proche, Le "99 francs" de Beigbeider est a relire d'urgence, pour se proteger de cette engeance, de cette pandemie decerebrante, de cette inhumanite normalisee.
Cette caricature du publiciste, déjà très éloignée de la réalité, ne correspond en rien au monde des traders qui ne font un travail qui ne peut être en rien assimilé au travail effectué dans le monde de la pub. Autant dire qu'un agriculteur fait le même métier qu'un serrurier. Pourtant, cette fiction caricaturale représente la grille d'analyse de Lustukru qui, comme la grande majorité des gens, perçoit les mondes inconnus au travers de ce type de bouquins ou de films.
On comprend alors facilement dans quel sorte d'imaginaire vivent les gens comme Lustukru et pour quelles raisons ils ne peuvent, en aucun cas, avoir un avis probant sur des réalités psychosociopolitiques qui les dépassent.
A noter au passage, le pseudo que ce crétin s'est choisi : une marque de spaghetti. Ce qui en dit long sur son état d'esprit.
Thursday, January 31, 2008
Nouvelle littérature ?
La création littéraire dans les blogues est rare. Les gens qui écrivent des poèmes pratiquent souvent l’écriture automatique et le font, la plupart du temps, de façon carrément maladroite. Loin de nous de prétendre qu’on ne peut trouver quelques perles rares dans cet océan - mais le fait reste qu’une grande majorité de blogues sont victimes de leur facilité.C'est la conclusion d'une étude menée par Valérie Cools et Alexandre Béland-Bernard au cours de l'été 2006. Ces deux universitaires ont cherché à déterminer si une nouvelle forme de littérature était en voie d’émerger à travers les blogues francophones. Ils ont répertorié 501 blogs, au total, et, en ont décrit 297.
Parmi les blogues de création littéraire intéressants, nous avons souvent trouvé qu’une volonté de "refaire" ce qui a déjà été fait en littérature : des romans-feuilletons sous forme de blogues, des "photo-romans", etc. Les blogues qui tentent d’exploiter les spécificités du médium ne sont que des exceptions.
Les enseignements, que ces deux chercheurs tirent de leur enquête suivie d'une analyse, collent parfaitement à l'idée que je me fais de la création littéraire sur les blogs: nulle ou quasiment nulle, malgré un nombre assez important de bloggers qui aimeraient être considérés comme de véritables auteurs de fiction romanesque.
Mais, malheureusement, pour V. Cools et A. Béland-Bernard, le constat est accablant: "Les billets semblent souvent improvisés, écrits à la sauvette, comme en témoignent les fautes de frappe, d’orthographe et de mise en page que nous avons trouvées, même dans les blogues d’écrivains ou d’écrivains aspirants. Nous avions souvent l’impression que les blogues servent littéralement de carnets de brouillons."
Hé bien, mis à part quelques très rares exceptions - car il m'est arrivé de lire quelques blogs dont les auteurs soignaient leurs publications -, je ne peux qu'être d'accord avec ce rapport universitaire.
Quand je pense que certains bloggers se montent la tête jusqu'à imaginer qu'il sont à deux doigts du prix Nobel de littérature parce que, régulièrement, dix crétins les encouragent par leurs commentaires à se prendre pour des génies... ça m'attriste.
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Tuesday, January 29, 2008
Guerres sur la Sphère
Je ne sais pas quel genre de bloggers fréquente Ollivier Dyens, professeur à Montréal, pour mener ses études concernant l'impact des nouvelles technologies sur la société. Il prétend qu'il y aura "peut-être" moins de guerres grâce au Net, en faisant reposer la guerre sur le seul fait de la xénophobie. Comme si les guerres civiles n'avaient jamais existé.
Par exemple: combien de bloggers s'aventurent en dehors de Canalblog ou de Haut&Fort, une fois qu'ils ont contacté un nombre suffisant de correspondants par affinités ? Affinités elles-mêmes, renforcées par le biais des canaux internes de ces plates-formes.
De nouvelles guerres sont à prévoir, car, sur la Sphère, la xénophobie est loin d'être un sentiment qui s'atténue. La xénophobie prend seulement une forme plus adaptée aux réseaux. Elle s'insinue, dorénavant, plus sur la plan des idées que sur celui de critères, tels que ceux "de la géographie, du corps, de la couleur de la peau".
Plus les pays sont enchevêtrés économiquement et culturellement, moins il y a de raisons de voir l'autre comme un étranger, et donc de le combattre. Les technologies numériques et le Web suscitent un rapprochement entre les êtres. Le courriel, les "chats", les blogs insistent sur ce qui nous lie, au-delà de la géographie, du corps, de la couleur de la peau. Dans notre histoire, jamais nous n'avons passé autant de temps non seulement à communiquer, mais aussi à nous enrichir et à débattre par l'entremise des réseaux.En admettant que la xénophobie soit seule responsable des conflits, Dyens ne se rend pas compte qu'un mouvement de re-cloisonnement est en train de s'amorcer: sur la Toile, les cartes ne font qu'être redistribuées, en fonction de la culture d'origine et de la culture reconstruite en ligne, par les communautés d'internautes qui se retranchent de plus en plus derrière des murs virtuels, dont ils ne sortent presque jamais.
Par exemple: combien de bloggers s'aventurent en dehors de Canalblog ou de Haut&Fort, une fois qu'ils ont contacté un nombre suffisant de correspondants par affinités ? Affinités elles-mêmes, renforcées par le biais des canaux internes de ces plates-formes.
De nouvelles guerres sont à prévoir, car, sur la Sphère, la xénophobie est loin d'être un sentiment qui s'atténue. La xénophobie prend seulement une forme plus adaptée aux réseaux. Elle s'insinue, dorénavant, plus sur la plan des idées que sur celui de critères, tels que ceux "de la géographie, du corps, de la couleur de la peau".
Wednesday, January 23, 2008
Phatique
Il est évident que les billets que je rédige en ce moment ne sont pas lus et ne le seront probablement jamais. Il ne seront pas lus tant que je n'aurais pas fait la promotion de ce blog, ne serait-ce qu'en allant commenter sur des blogs qui sont déjà assez fréquentés. Et, si je suis persuadé que ces premiers billets resteront lettres mortes à l'avenir, c'est parce que les bloggers ont généralement pour habitude de s'en tenir à la lecture du dernier billet posté. Trouver un commentaire sur une page qui n'est pas la première page du blog est quelque chose de tout à fait exceptionnel.
Je suppose que la plupart des lecteurs qui commentent le font avec l'espoir que leurs commentaires seront lus par un maximum de personnes. Ils ne commentent pas simplement pour ajouter une pierre à l'édifice des billets construits par l'auteur d'un blog. Ils ne le font pas pour relancer le processus discursif, analytique et compléter une réflexion sur un sujet ou un thème donné mis en place par le rédacteur.
Non. La plupart des bloggers commentent pour faire savoir qu'ils existent, qu'ils sont en ligne. Ce qui fait que, rapidement, même si l'auteur d'un blog avait initialement la ferme intention de faire passer de l'information, au bout de quelques temps, son blog ne sera plus alimenté que pour ses fonctions phatique et conative, faisant passer au second plan les fonctions référentielle et expressive, selon la classification de Roman Jakobson.
Quant à la fonction poétique des blogs, c'est certainement la chose la moins prise en compte par les bloggers qui restent sur les sentiers battus du langage et de la langue dans laquelle ils s'expriment. Très peu de bloggers ont une réelle connaissance de la poésie. La "poésie", telle que l'entend la majeure partie des rédacteurs en ligne, est certainement le domaine où l'on trouve la pire soupe de toute la bloggosphere francophone. Ce qui reflète, là encore, l'état désastreux de la culture française et met en lumière de terribles faiblesses sur le plan de l'imagination, du rêve, de l'ouverture au monde.
Je suppose que la plupart des lecteurs qui commentent le font avec l'espoir que leurs commentaires seront lus par un maximum de personnes. Ils ne commentent pas simplement pour ajouter une pierre à l'édifice des billets construits par l'auteur d'un blog. Ils ne le font pas pour relancer le processus discursif, analytique et compléter une réflexion sur un sujet ou un thème donné mis en place par le rédacteur.
Non. La plupart des bloggers commentent pour faire savoir qu'ils existent, qu'ils sont en ligne. Ce qui fait que, rapidement, même si l'auteur d'un blog avait initialement la ferme intention de faire passer de l'information, au bout de quelques temps, son blog ne sera plus alimenté que pour ses fonctions phatique et conative, faisant passer au second plan les fonctions référentielle et expressive, selon la classification de Roman Jakobson.
Quant à la fonction poétique des blogs, c'est certainement la chose la moins prise en compte par les bloggers qui restent sur les sentiers battus du langage et de la langue dans laquelle ils s'expriment. Très peu de bloggers ont une réelle connaissance de la poésie. La "poésie", telle que l'entend la majeure partie des rédacteurs en ligne, est certainement le domaine où l'on trouve la pire soupe de toute la bloggosphere francophone. Ce qui reflète, là encore, l'état désastreux de la culture française et met en lumière de terribles faiblesses sur le plan de l'imagination, du rêve, de l'ouverture au monde.
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Sunday, January 20, 2008
Médiocrité
En relisant les billets précédents, je remarque que la vision que je donne des blogs peut paraître bien sombre. Si le regard que je porte sur la partie de la bloggosphere produite par des français est aussi sombre, c'est parce que je juge, globalement, de la même manière la culture française.
Les blogs ne font que refléter la culture d'une société donnée. Rien de pire ou de meilleur n'est produit sur le Net que ce que les individus produisent au quotidien, pour leur travail ou leurs loisir. Bien que toute la société ne soit pas représentée sur la Toile, les blogs et les sites personnels donnent tout de même une idée assez précise de l'état d'esprit collectif.
On sait que la société française est une société dans laquelle prime l'idée de hiérarchie. C'est certainement pour cette raison que l'on retrouve si fréquemment des bloggers qui tentent de se démarquer de la masse en affichant des performances, telle que le nombre de visiteurs, pensant prouver par là qu'ils seraient meilleurs que ceux qui cumulent moins de visites mensuelles ou annuelles. Mais ils ne prennent pas en compte que, pour établir une hiérarchie sur le critère de la fréquentation, il faut nécessairement produire le blog le plus médiocre possible. Et, ceci, indépendamment des moyens techniques qui permettent d'améliorer le classement opéré par les moteurs de recherches - des techniques que tout bon webmaster connaît.
Car, mis à part l'aspect mécanique du référencement, il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir le plus de chance de se retrouver en haut de l'échelle, il faut avant tout séduire le lecteur. Les médias audiovisuels ont su établir les meilleures recettes pour capter le maximum de spectateurs. Les bloggers doivent appliquer le même genre de stratégies pour faire augmenter leur lectorat. C'est à dire faire, par analogie, du TF1 ou du M6TV plutôt que du ArteTV. Je sais par expérience que, par exemple, l'emploi du terme "analogie", que je viens d'écrire à l'instant, coûte un certain nombre de points dans la course à l'audience. Ne parlons même pas de la longueur de mes billets : écrire plus de 100 mots à la suite équivaut à se tirer une balle dans le bras - on n'a pas besoin de pieds pour blogguer.
Croire que les blogs, dans leur ensemble, permettent de faire grimper le niveau culturel d'une population quelconque est une idée digne de Karl Marx qui imaginait que la conscience de classe passait par l'amélioration des accès aux savoirs. Ce qui s'est avéré complètement faux. La conscience de classe n'était réalisable que sur la base du ressentiment des ouvriers face à la bourgeoisie. La conscience de classe du blogger ne peut se fonder que sur le mépris ou la haine de la culture savante, lettrée.
Je reviendrai probablement sur ce dernier point qui concerne ce qui est le mieux partagé par la population française : le ressentiment.
Les blogs ne font que refléter la culture d'une société donnée. Rien de pire ou de meilleur n'est produit sur le Net que ce que les individus produisent au quotidien, pour leur travail ou leurs loisir. Bien que toute la société ne soit pas représentée sur la Toile, les blogs et les sites personnels donnent tout de même une idée assez précise de l'état d'esprit collectif.
On sait que la société française est une société dans laquelle prime l'idée de hiérarchie. C'est certainement pour cette raison que l'on retrouve si fréquemment des bloggers qui tentent de se démarquer de la masse en affichant des performances, telle que le nombre de visiteurs, pensant prouver par là qu'ils seraient meilleurs que ceux qui cumulent moins de visites mensuelles ou annuelles. Mais ils ne prennent pas en compte que, pour établir une hiérarchie sur le critère de la fréquentation, il faut nécessairement produire le blog le plus médiocre possible. Et, ceci, indépendamment des moyens techniques qui permettent d'améliorer le classement opéré par les moteurs de recherches - des techniques que tout bon webmaster connaît.
Car, mis à part l'aspect mécanique du référencement, il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir le plus de chance de se retrouver en haut de l'échelle, il faut avant tout séduire le lecteur. Les médias audiovisuels ont su établir les meilleures recettes pour capter le maximum de spectateurs. Les bloggers doivent appliquer le même genre de stratégies pour faire augmenter leur lectorat. C'est à dire faire, par analogie, du TF1 ou du M6TV plutôt que du ArteTV. Je sais par expérience que, par exemple, l'emploi du terme "analogie", que je viens d'écrire à l'instant, coûte un certain nombre de points dans la course à l'audience. Ne parlons même pas de la longueur de mes billets : écrire plus de 100 mots à la suite équivaut à se tirer une balle dans le bras - on n'a pas besoin de pieds pour blogguer.
Croire que les blogs, dans leur ensemble, permettent de faire grimper le niveau culturel d'une population quelconque est une idée digne de Karl Marx qui imaginait que la conscience de classe passait par l'amélioration des accès aux savoirs. Ce qui s'est avéré complètement faux. La conscience de classe n'était réalisable que sur la base du ressentiment des ouvriers face à la bourgeoisie. La conscience de classe du blogger ne peut se fonder que sur le mépris ou la haine de la culture savante, lettrée.
Je reviendrai probablement sur ce dernier point qui concerne ce qui est le mieux partagé par la population française : le ressentiment.
Tuesday, January 8, 2008
Conneries
Si vous avez lu le billet qui précède celui-ci, vous savez que je ne lance pas M 56, sans une certaine expérience en matière de blogging. Il apparaît d'ailleurs qu'il manque un terme à la langue française pour désigner cette activité dont toute la société a entendu parler, même si le nombre de ceux qui se sont essayés à publier en ligne reste très restreint. N'oublions pas que la France compte environ 20% d'illettrés parmi la population des adultes. Moins de la moitié des foyers français possède un ordinateur connecté sur le Net, alors qu'en Allemagne ou en Grande Bretagne 70% des foyers ont accès au Réseau.
Je reviens sur ces statistiques parce que la plupart des bloggers estiment qu'ils s'adressent à la nation entière lorsqu'ils mettent en ligne un billet. Alors, qu'en réalité, ils ne s'adressent qu'à une très faible partie de leurs concitoyens. Des concitoyens qui, d'un point de vue sociologique, ont, grosso modo, le même profil que ces bloggers qui imaginent délivrer un discours à la nation. Ceux qui rêvent de transformer la société, grâce à l'outil de communication que représentent les blogs et les forums, ont encore pas mal de chemin à parcourir. Surtout que les enquêtes, faites sur les habitudes des personnes qui ont accès au Net, démontrent que les internautes ne passent pas beaucoup de temps à lire en ligne, sinon pour avoir des informations concernant la vie pratique, comme les comparateurs de prix, les agences de voyages pour connaître les horaires, les sites institutionnels et, dernièrement, du côté des loisirs, les sites qui diffusent des vidéos. Si parmi mes blogs, qui aujourd'hui sont tous détruits, sur le plus fréquenté, celui qui se plaçait dans le top 1.000 des blogs généralistes de Wikio, je pouvais au mieux recenser quotidiennement une centaines de visiteurs - ce qui ne veut pas dire une centaine de lecteurs, loin de là - je vous laisse imaginer l'impact des 49.000 blogs classés sous le mien.
Pourtant, combien d'âneries ai-je pu lire au cours de ces dernières années concernant l'apport des blogs sur la plan culturel au niveau de toute la nation ? Je suis effaré par le nombre de bloggers qui pensent que leur billets sont décisifs quant à l'orientation de la marche du monde simplement parce que leurs misérables compteurs de visiteurs indiquent que, dans le mois, leur publication a été vue et non pas lue - j'insiste - 3.000 fois. Mais je suis atterré quand ces bloggers se félicitent orgueilleusement de recevoir des visites suite à des billets qu'ils n'ont pas composés, mais qui sont des reprises de publicités ou d'articles journalistiques pour lesquels ils ne se donnent même pas la peine de produire une analyse, une critique ou d'émettre leur point de vue. Combien de billets sans aucun apport au niveau de l'information, sans aucune valeur scientifique, artistique, poétique, etc. traînent sur la toile ? Certainement autant en nombre que ceux qui véhiculent des conneries, des rumeurs, de fausses informations, de la propagande ou de la publicité à peine déguisée.
Suite à cette rétrospective sur le blogging, vous comprenez peut-être mieux, ce qui pousse à vouloir se démarquer de la communauté des bloggers français, non ?
Je reviens sur ces statistiques parce que la plupart des bloggers estiment qu'ils s'adressent à la nation entière lorsqu'ils mettent en ligne un billet. Alors, qu'en réalité, ils ne s'adressent qu'à une très faible partie de leurs concitoyens. Des concitoyens qui, d'un point de vue sociologique, ont, grosso modo, le même profil que ces bloggers qui imaginent délivrer un discours à la nation. Ceux qui rêvent de transformer la société, grâce à l'outil de communication que représentent les blogs et les forums, ont encore pas mal de chemin à parcourir. Surtout que les enquêtes, faites sur les habitudes des personnes qui ont accès au Net, démontrent que les internautes ne passent pas beaucoup de temps à lire en ligne, sinon pour avoir des informations concernant la vie pratique, comme les comparateurs de prix, les agences de voyages pour connaître les horaires, les sites institutionnels et, dernièrement, du côté des loisirs, les sites qui diffusent des vidéos. Si parmi mes blogs, qui aujourd'hui sont tous détruits, sur le plus fréquenté, celui qui se plaçait dans le top 1.000 des blogs généralistes de Wikio, je pouvais au mieux recenser quotidiennement une centaines de visiteurs - ce qui ne veut pas dire une centaine de lecteurs, loin de là - je vous laisse imaginer l'impact des 49.000 blogs classés sous le mien.
Pourtant, combien d'âneries ai-je pu lire au cours de ces dernières années concernant l'apport des blogs sur la plan culturel au niveau de toute la nation ? Je suis effaré par le nombre de bloggers qui pensent que leur billets sont décisifs quant à l'orientation de la marche du monde simplement parce que leurs misérables compteurs de visiteurs indiquent que, dans le mois, leur publication a été vue et non pas lue - j'insiste - 3.000 fois. Mais je suis atterré quand ces bloggers se félicitent orgueilleusement de recevoir des visites suite à des billets qu'ils n'ont pas composés, mais qui sont des reprises de publicités ou d'articles journalistiques pour lesquels ils ne se donnent même pas la peine de produire une analyse, une critique ou d'émettre leur point de vue. Combien de billets sans aucun apport au niveau de l'information, sans aucune valeur scientifique, artistique, poétique, etc. traînent sur la toile ? Certainement autant en nombre que ceux qui véhiculent des conneries, des rumeurs, de fausses informations, de la propagande ou de la publicité à peine déguisée.
Suite à cette rétrospective sur le blogging, vous comprenez peut-être mieux, ce qui pousse à vouloir se démarquer de la communauté des bloggers français, non ?
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